C’est une de nos lectrices qui est allée, début décembre, à une formation dispensé par Emmanuel Renard et Isabelle Aslahé à la Chambre d’Agriculture de la Somme sur le thème de l’optimisation de l’alimentation des chevaux. Elle a bien voulu nous faire un compte-rendu détaillé (et nous l’en remercions !)
Dans un premier temps, les formateurs sont revenus sur le fait que le cheval est un herbivore et qu’il a un système digestif particulier. Nous verrons ensuite quels sont les différents besoins alimentaires du cheval puis les divers aliments qui peuvent couvrir ces besoins. Enfin, nous terminerons sur la manière dont on calcule la ration d’un cheval.
Ce sera donc un reportage en plusieurs parties !
Le système digestif du cheval
Le cheval est un herbivore avant tout
C’est une notion qui est malheureusement trop vite oubliée : le cheval est un herbivore qui, à l’état naturel, passe 60 à 70% de son temps à se nourrir, et principalement la nuit. Pendant tout ce temps, il se déplace, tout en sélectionnant les espèces végétales dont il a besoin et qui vont composer sa ration. Si elle est en quantité suffisante, l’herbe peut donc couvrir tous les besoins du cheval, sauf cas particuliers (jument en lactation par exemple)
Ainsi, dans la nature, le cheval consomme un grand nombre de petits repas. C’est donc un herbivore monogastrique et très bon valorisateur de fibres, mais qui pourra se comporter en fonction du type de ration : riche en amidon ou riche en cellulose, comme un monogastrique ou un polygastrique.
La digestion : ce qu’il faut retenir
On peut aisément remarquer qu’un cheval mettra beaucoup plus de temps à consommer 1 kg de fourrage plutôt que 1 kg de concentré, c’est un animal qui mastique énormément (environ 3000 à 3500 coups de mâchoires pour 1 kg de foin). La durée du transit est de 36 heures pour les fourrages longs et secs, contre 26 à 30 heures pour des aliments broyés.
L’estomac, qui est de taille réduite (15 à 18 litres) verra passer les 2/3 de chaque repas en 1 heure, le tiers restant y séjournera pendant 5 à 6 heures. La légende qui dit qu’il faut attendre 1 à 2 heures après le repas pour travailler son cheval est donc bel et bien…une légende. La sécrétion importante dans l’estomac faisant doubler le volume d’aliment ingéré, il faut donc dans la mesure du possible fractionner les repas.
La digestion enzymatique, brève mais intense, a lieu dans l’intestin grêle. Elle permet d’obtenir le meilleur rendement des apports en protéines, glucides, matières grasses, minéraux et vitamines. La digestion microbienne, quant à elle, va permettre de tirer parti des aliments cellulosiques (foin). Le cheval peut donc s’adapter soit à une ration riche en fourrage, soit à des rations de concentré.