Sommaire[Afficher]
Nous attaquons aujourd’hui la troisième partie de notre dossier sur l’alimentation du cheval.
Maintenant que nous savons comment le système digestif du cheval fonctionne et que nous connaissons ses besoins, il nous reste donc à préparer son repas.
Avant de vous donner la recette, regardons les ingrédients, connus et moins connus, que nous avons à notre disposition pour préparer le repas de notre compagnon adoré !
Les aliments que nous connaissons tous…
- Les céréales :
- L’avoine : couramment utilisée, avec une valeur énergétique inférieure de 15 à 30% à celle des autres céréales à poids égal. C’est également la plus riche en matière azotée.
- Le maïs : c’est le grain qui a la plus forte valeur énergétique (1,32 UFC/kg de MS), avec une teneur en matière azotée plus faible.
- Le blé : qui a une valeur énergétique presque aussi élevée que celle du maïs, avec une teneur en matière azotée supérieure à celle de l’avoine. (Note : Si cette céréale a bien été citée lors de la formation de la Chambre d'Agriculture, il est néanmoins déconseillé d'en donner aux chevaux.)
Peuvent aussi être consommés par le cheval : Le seigle, le Sorgho, ou le triticale. Pour la consommation des céréales, l’idéal est bien entendu de fractionner, et surtout de concasser, puisque la digestibilité sera améliorée de 10%.
- Les sous-produits de céréales : Par exemple le son de blé, qui a des propriétés laxatives et émollientes, à utiliser en petite quantité.
- Les sous-produits d’oléagineux : Obtenus par extraction de l’huile contenue dans la graine d’oléagineux, le plus connu étant le tourteau de soja. Cela reste un aliment très énergétique et très riche en matière azotée, il faut donc être extrêmement vigilant à leur condition d’emploi.
- Les graines de légumineuses : Féveroles, Lupin, Pois
- Les sous-produits d’origine animale : On peut citer la poudre de lait, qui est très utile dans l’alimentation du poulain, le lactosérum, ou les matières grasses, qui ont une teneur énergétique très élevée (3,2 UFC/kg pour les graisses végétales)
- Les aliments composés : D’une part les aliments complets, dont les valeurs énergétiques varient de 0,7 à 0,8 UFC/kg brut, avec 11 à 15% de matière azotée (néanmoins, il faut rester méfiant concernant la composition de ces concentrés, dont l’étiquetage reste assez évasif, et ne pas se laisser tenter à cause d’une belle brochure et d’un commercial sympathique. Avec l’augmentation du prix des céréales, on a par exemple pu s’apercevoir que les aliments du commerce contenaient de plus en plus de matière grasse) ; et d’autre part les aliments complémentaires qui ont une valeur énergétique supérieure et doivent être donnés en complément de fourrages et/ou de céréales.
…et les aliments moins connus
- L’ensilage : Les ensilages d’herbes existent sous deux formes, directs ou pré fanés. Ces derniers sont plus intéressants car ils ne nécessitent pas d’apport de fourrage sec en complément (25 à 30% de MS). On peut également parler des ensilages de maïs (30% de MS), qui doivent être intégrés progressivement dans la ration du cheval, avec une période de transition d’au moins 15 jours.
- L’enrubannage : fourrage intermédiaire entre le foin et l’ensilage, dont l’utilisation commence à se développer dans les écuries de chevaux de sport et de course. Il est toutefois conseillé de ne pas dépasser 50% de légumineuses (trèfle, luzerne) dans le fourrage récolté, et de privilégier un produit sec avec un taux de matière sèche au moins égal à 65%. La valeur alimentaire de l’enrubannage est supérieure à celle du foin, qui est récolté plus tardivement. Néanmoins, il est fortement conseillé de faire une analyse chimique permettant d’adapter au mieux la complémentation minérale. L’enrubannage posera moins de contrainte pour le stockage, malheureusement une fois la balle entamée il faut pouvoir la consommer très rapidement (3 à 5 jours en été, une semaine en période hivernale. Ce sera donc plus adapté pour une écurie ayant un grand nombre de chevaux.
- Les fourrages déshydratés : Ils peuvent être composés de foin de graminées, de foin de légumineuse, de mélanges avec du maïs ou du concentré. On peut en trouver dans le commerce sous forme de brique ou en sac de 25kg. Leur teneur énergétique varie entre 0,4 et 0,8 UFC / kg de MS, le seul inconvénient étant le déséquilibre sur le plan phosphocalcique.
- Les carottes : Elles sont plus riches en énergie qu’une céréale (1,14 UFC/kg de MS) mais ont une faible teneur en matière azotée (32g). Elles présentent un intérêt économique si c’est une opportunité locale. Avec un taux de matière sèche de 19,4%, 1 UFC correspond donc à 5kg brut de carottes. Il faut en donner en quantité restreinte car c’est un aliment laxatif à forte dose.
- La pomme de terre : Grâce à sa forte teneur en amidon, la pomme de terre est un aliment très énergétique (1,04 UFC / kg de MS), qui pourra par exemple être ajouté à la ration d’un cheval au travail. La mise à disposition d’une pierre à sel est nécessaire en raison de la forte teneur en potassium du produit. Une fois de plus, c’est un aliment intéressant dans le cadre d’une opportunité locale.
- La mélasse de Canne ou de Betterave : C’est un aliment très appétant, et intéressant d’un point de vue énergétique : 1,05 UFC / kg de MS. Certains éleveurs l’utilisent en complément de la paille (la paille est alors arrosée de mélasse) et arrivent à avoir une valeur alimentaire proche de celle du foin.
- La paille : On n’y pense pas… Mais elle est à prendre en compte dans la ration (0,2 UFC/kg de MS) si le cheval est au box par exemple : nous avons vu précédemment que le cheval consomme environ 2kg de MS/100 kg de poids vif par jour, et il mangera jusqu’à ce qu’il ait satisfait ces besoins à ce niveau-là. On peut donc supposer qu’un cheval qui se jette sur sa litière de paille n’aura pas reçu une ration suffisante pour couvrir ses besoins en matière sèche, et on s’expose alors à un risque de coliques…