Equideos

Membre Equideos

Que cherchez-vous ?

Equideos & Facebook

Facebook Image

Equideos & Twitter

Twitter Image

Statistiques

Visiteurs
171
Articles
492
Liens internet
12
Compteur d'affichages des articles
288376

Nadine CochenetNadine Cochenet est présidente de la Comission Dressage de la FFE est également juge national Elite. Technicienne du règlement, c'est souvent vers elle que les juges se retournent pour avec des précisions sur l'esprit du règlement.

Elle accepte de revenir avec nous sur ses missions en tant que présidente de la commission de dressage et sur le rôle du juge de dressage.

Quelles sont les missions / pouvoirs / objectifs de la commission de dressage de la FFE ? Pouvez vous nous expliquer son fonctionnement

Les présidents de commission sont nommés par le comité fédéral sur proposition du Président de la FFE. En ce qui concerne la commission de dressage, je suis donc, présidente de cette commission. Il y a un membre fixe, qui est le représentant des cavaliers. Pour le dressage, c'est Marc Boblet. Les autres sont des membres qui tournent, et que je réunis, en groupes de travail, en fonction des sujets traités. Je fais souvent appel aux présidents des associations, juges, entraîneurs, organisateurs et cavaliers, mais pas seulement, je choisis les personnes les plus compétentes, par rapport aux sujets abordés. Le DTN, Pascal Dubois est membre de droit. Il est bien évident que tout ce que je fais, est en parfait accord avec lui.

Les commissions travaillent dans la plus parfaite cohérence avec la politique fédérale et ses stratégies générales de développement dont les axes sont les suivant :

  • L'unification du monde équestre
  • Un projet en faveur de la réussite sportive
  • Le développement des pratiques et des centres équestres
  • La réglementation

Les commissions ont trois missions principales :

- Dynamiser leur discipline : En ce qui concerne le dressage , ma politique est effectivement de développer la discipline dans toutes les régions, sans oublier  même les plus éloignées, et tous azimuts, sachant que le dressage est la base commune de toutes les disciplines, du poney shetland au cheval de Grand Prix. Au niveau national, c'est la discipline qui  monte, qui a le développement le plus important, en gros 15 % en plus, malgré le contexte de crise.

- Proposer les règlements : J’essaye, en ce qui concerne le jugement, de me rapprocher le plus possible du règlement FEI, en particulier pour le niveau Pro. Le règlement permanent doit permettre la mise en place de critères de qualification, capables d'évoluer d'une année à l’autre, en ce qui concerne les règlements des championnats, sans toutefois, prévoir de modifications en cours de saison sportive.

- Favoriser la formation des techniciens fédéraux : Le développement de la discipline se réalise, en particulier, pour le dressage qui est une discipline évaluée, avec la formation des juges et des enseignants, de tous niveaux. En ce qui concerne les juges, nous organisons 2 stages nationaux, pour les juges internationaux, nationaux élites et candidats nationaux élites. Dans les CRE, sont organisés, chaque année des cours de formation (obligatoire pour figurer sur les listes de juges FFE), avec des juges de niveau supérieur (dont la liste est sur le site fédéral). J'organise et anime avec d'autres juges, des formations sur les concours autour des rectangles, et dans les cabanes en auditeurs libres.

- Les autres missions : Participation à la réalisation du dossier de formation du brevet d'entraîneur ainsi que ses critères de validation ; réalisation des outils de formations ; création de relais régionaux :

Pascal Dubois a clairement annoncé des remaniements au sein de la Fédération et notamment pour le dressage. Pour le CSO, les choses ont rapidement pris forme. A votre avis que va-t-il se passer ? Qu'est ce que la commission de dressage a ou va proposer ?

Je pense que la question est en rapport avec le peu de résultats que nous avons au haut niveau.

Pour essayer d'améliorer nos performances, il faut d'abord être capable de se remettre en question, en faisant un bilan objectif, et surtout sans complaisance, cherchant à trouver des solutions et non des excuses.

Pourquoi un pays comme l'Allemagne (qui n'avait plus un seul cheval en 1945) ou comme la Hollande (grande comme 2 départements français) gagnent ils tout en dressage ? C'est cela la vraie question.

Je pense qu'il faut voir ce qu'ils ont fait, et pas nous, pour en arriver là.

- Problème de culture : A nous de médiatiser, comme je l'ai expliqué plus haut notre discipline

- Problème financier : Lié à la médiatisation ; il faut amener les chefs d'entreprises à investir chez nous plutôt qu'ailleurs (long à développer, mais il y a beaucoup de choses à faire)

- Problème de chevaux : Outre Rhin, a été mise au point, une politique de vente très sophistiquée, en dressant (le mot est lâché) les chevaux. Je pense que nous manquons cruellement de dresseurs, en particulier de jeunes chevaux. A nous d'y remédier : L'IFCE en collaboration avec la FFE est en train de travailler sur le sujet et cela avance bien. Je pense, qu'en fait, nous avons des chevaux, mais ce qui ne va pas, comme je le dis plus haut, c'est un problème de dressage. Ils ne sont pas travaillés dans l’esprit, ni avec la technique du haut niveau international (qui soit dit en passant doit être inculqué dès le départ en ce qui concerne le cheval, mais aussi le cavalier.)

- Problème de cavaliers : Ce que je viens de dire pour les chevaux s'appliquent à eux.

- Problème d'entraîneurs : Pour moi, un bon entraîneur, c'est avant tout quelqu'un qui a dressé beaucoup de chevaux, formé beaucoup d'élèves et est lui-même sorti en Grand Prix. Je pense, que comme pour les chevaux et les cavaliers, les entraîneurs français  existent. Ils leur manquent juste l'entraîneur de haut niveau international, (et ils ne sont pas si nombreux), qui peut leur apporter le petit quelque chose en plus. Certains de nos cavaliers et entraîneurs français travaillent déjà avec de grands entraîneurs étrangers, mais il faut du temps et beaucoup de travail, les résultats ne seront pas à cours terme.

Les solutions :

Faire appel à un ou des entraîneurs étrangers qui ont le profil dont je parlais plus haut, ayant déjà eu des  résultats dans leurs pays. Je ne peux pas entrer dans le détail, aujourd’hui de tout ce que nous avons prévu, mais je peux vous dire que la FFE a décidé de prendre Hans Heinrich Meyer zu Strohe, qui vient déjà faire travailler les cavaliers de l'ENE et du haras de Hus, pour entraîner les seniors et Hartwig Burfeind pour les poneys, jeunes cavaliers et juniors. Alizée Froment va être la nouvelle entraîneure poneys.

Je pense que le haut de la pyramide fonctionne lorsque le bas fonctionne, c'est dire que tout ce que je fais va dans ce sens. Il faut dès les poneys apprendre aux cavaliers, à pratiquer une bonne équitation, qui va dans le même sens que ce que l'on fait ensuite. De même pour les chevaux, il faut dresser les jeunes chevaux et tous les chevaux d'ailleurs dans cette optique. Ensuite, on adapte la finalité à l’objectif. On part de la base pour aller vers le haut, donc il faut former les enseignants et dresser les chevaux.

Quel est votre sentiment sur le Grand National, sa capacité à préparer les couples qui demain pourraient représenter la France, et les bénéfices effectifs en termes de communication pour les écuries engagées ?

Très positif. Je pense que bien évidemment, il faut travailler dans  l’esprit de l’international, par contre je trouve inutile, voire néfaste de faire sortir en international des couples qui ne sont pas prêts : ce n’est pas la peine d’étaler tous nos défauts au-delà des frontières, d’autant que les juges étrangers pensent que nous sortons nos chevaux et cavaliers lorsqu’ils sont prêts, ce qui nous discrédite.

Pour moi, on se cale à la maison,en France, entre nous, où  on peut faire nos fautes d’orthographe discrètement.

Je pense que c’est très important de valoriser les concours nationaux pour beaucoup de raisons et le Grand National en est l’exemple.

La formation est la clef de voûte du développement du dressage en France. En tant que membre de la FFE, quel est votre regard sur cette formation et celle inculquée aux enseignants vous parait elle suffisante et rationnelle ?

Je pense effectivement que la formation est le clé de voûte du dressage, en général, et elle ne me parait pas suffisante, c’est pourquoi, j’ai décidé de m’y atteler !

Il faut savoir que les diplômes d’états dépendent du ministère des sports et que je ne peux, bien évidemment, pas intervenir dessus. Je suis fédérale et ce que je fais se situe à ce niveau, et je crois que nous pouvons beaucoup pour perfectionner nos enseignants.

Nous avons d’ailleurs déjà mis en place un système d’experts fédéraux qui vont dans les clubs pour les former, et cela fonctionne très bien.

Avec un groupe de travail, au sein de la commission de dressage, nous avons mis en place des reprises préliminaires pour les clubs, dont le but est de mettre l’accent sur les fondamentaux, en incitant les enseignants à dresser leurs chevaux de club et à former leurs élèves en suivant les progressions de ces reprises.Vous pourrez trouver tout le détail sur le site fédéral.

Ce projet est bien accueilli, et on va s’en servir de base de travail sur le plat dans la refonte des galops.

  • Dans l’absolu, je pense qu’un enseignant doit :
  • dresser son outil de travail, à savoir le cheval.
  • être capable de démontrer à cheval, ce qu’il demande.
  • reprendre le cheval en montant dessus pour résoudre les problèmes rencontrés par l’élève.

Pour bien transmettre, il faut d’abord maîtriser la technique et on ne peut bien enseigner l’équitation, que sur un cheval dressé .En fait, c’est le cheval qui apprend à l’élève et non l’inverse. J’ai tout à fait conscience des diverses difficultés que peuvent rencontrer les enseignants, et je pense que notre rôle, est de les aider à pouvoir y arriver.

On reproche parfois au jugement d’être discutable, obscur, pire parfois même souci à des considérations bien autre qu’équestres. Réalité ou idées préconçues ? Jugement français et jugement international sont-ils similaires et vont-ils selon vous dans le même sens ?

Je pense que si l’on ne veut pas être l’objet des critiques dont vous parlez plus haut, il faut être irréprochable, tant sur le plan de l’éthique, de la technique que de la transparence.

Pour moi, le bon juge est celui qui maîtrise bien la technique, en particulier, l’idéal est qu’il ait monté lui-même le niveau qu’il juge (mais c’est très rare, surtout à un haut niveau) et qu’il soit bienveillant, le but n’étant pas de trouver à tout prix, ce qui ne va pas, mais d’être capable, d’abord, de voir ce qui est bien ! Il doit justifier toutes ses notes en dessous de 7, et donner des explications lorsqu’on vient lui en demander (avec le protocole). Il ne doit pas y avoir de conflit d’intérêts : on ne doit pas juger , ses proches , ni les élèves que l’on entraîne , ni les chevaux que l’on dresse , ni ceux que l’on vend etc. ….

Le juge est indépendant et il est vrai qu’il faut faire attention aux interférences qu’il peut y avoir entre le jugement et le fait d’entraîner ou de vendre des chevaux.

Le jugement français et international sont-ils similaires et vont-ils dans le même sens ? : OUI, sans ambiguïté. Nous jugeons en France, selon les critères de la FEI, tous les règlements et les cours de formation de juges, vont dans ce sens (en prenant comme base des chevaux internationaux). Des déplacements sont organisés lors des grands concours , Aix la Chapelle , Verden etc.…et maintenant avec internet et les retransmissions télévisées , on peut vraiment suivre facilement le niveau international  et se faire l’œil.

La seule différence de jugement qu’il peut y avoir avec l’international, se situe au niveau des épreuves clubs et amateur 3,  où l’on ne tient pas compte de la locomotion  du cheval, sachant que l’intégrité des allures doit être respectée. Nous avons à faire à des compétiteurs qui débutent, et, on note la justesse des mouvements et de l’attitude du cheval, mais on ne sanctionne, ni le manque de rebond, ni d’amplitude.

Donnez votre avis !