Leur nom est finalement assez peu connu du grand public, mais Sébastien Duperdu et Passe Partout entament leur troisième saison sur le Grand Tour. Ils ont commencé en 2009 par une saison sur des concours Pro Elite Nationaux. L'an dernier, ils ont commencé par se classer troisième du Grand Prix de Compiègne qui servait de support à la première étape du Grand National. Ils ont poursuivi la saison sur des concours internationaux en France (Vidauban, Biarritz...)
Ils ont surtout créé la surprise à Saumur pendant les masters pro. Si ces championnats ne démarraient pas très bien pour eux, puisqu'ils étaient sixième à l'issue du Grand Prix, ils ont réussi à grapiller des places au fil des épreuves en prenant des risques, notamment sur la Kür. Avec plus de 70% sur cette dernière, ils réussisent à monter sur la troisième marche des championnats.
Nous avions déjà posé nos questions à Arnaud Serre (1er du championnat) et Rémy issartel (2ème) et c'est donc en toute logique que nous avons posé nos questions à Sebastien Duperdu !
Comment avez-vous démarré l'équitation ? Comment vous est venue votre passion pour le dressage ?
Un cheval que vous aimeriez monter ?Il y'en a pleins (rire). Blague à part ... Bon, en premier lieu, le même que tout le monde je pense, Totilas est forcément le premier nom qui vient en tête. Mais il y'en d'autres, le regretté Vincent de Bernadette Pujals, Ravel, Rusty... Paradoxalement peut-être des plus jeunes et moins connus du grand public, comme Amazing Star, Bordeaux,Tuchinsky etc ... |
Ma mère montait à cheval et j'ai donc naturellement commencé le poney très tôt. Je devais avoir 4ans. Au début, je détestais ça !! C'est même ma mère qui m'a forcé à continuer... au début du moins car elle n'a pas eu à le faire bien longtemps ! J'ai commencé par faire un peu de tout au Centre Equestre de Chilly Mazarin, comme tout le monde, du CSO et du CCE.
J'aimais bien le complet mais plusieurs rencontres m'ont finalement orientées vers le Dressage et finalement assez tôt.
J'ai ensuite fait mes armes avec plusieurs professionnels de la discipline. J'ai un peu tourné les juniors et les jeunes cavaliers histoire de me former mais sans pour autant faire partie du système jeune parce que mon premier cheval était compliqué à gérer. Mais il m'a permis d'apprendre tellement qu'avec le recul ça n'a pas beaucoup d'importance.
Aujourd'hui, vous travaillez avec qui ?
Je m'entraine aujourd'hui avec un Belge, Stefan van Ingelgem, assez connu en France puisqu'il a fait travailler d'autres cavaliers avant moi. Le choix s'est fait assez naturellement : travailler avec un étranger me paraissait primordial. Mais la barrière de langue lorsqu'on est pas parfaitement bilingue, c'est le meilleur moyen de passer à côté d'une certaine partie de l'enseignement, ce qui est quand même dommage. Par ailleurs la Belgique à l'avantage de la proximité géographique.
Un coach avec lequel vous aimeriez faire une séance ?La aussi il y a tellement de grands entraineurs .. Klaus Balkenhol, Johann Hinnemann, Kyra Kyrklund, Ulla Salzgeber et bien entendu Edward Gal etc ... Tous ont des approches et des méthodes différentes. Je suis aujourd'hui très content de ce que je trouve en Belgique mais avec les chevaux on ne sait jamais et en fonction de l'évolution de chacun peut-être qu'un jour j'aurais la chance d'aller de travailler avec un de ceux la. J'ai eu l'occasion d'en voir un certain d'entre eux faire travailler des élèves, que ce soit sur le Petit ou le Grand Tour. C'était déjà très intéressant et enrichissant notamment lorsque les chevaux, les cavaliers sont très différents les uns des autres. Visualiser la trame de travail, les enchainements etc ... ne serait-ce qu'à pied c'est déjà excessivement formateur, malgré la barrière de la langue qui ne permet de comprendre tous les détails |
Pouvez-vous nous présenter votre écurie, vos activités ? Avez-vous un site internet ?
J 'ai effectivement un site internet www.dg-dressage.com
Le nombre de chevaux varie en fonction des périodes mais globalement je réunie une quinzaine de chevaux. Je suis plus dans l'idée d'une structure familiale, à taille humaine que d'un très grande structure plus impersonnelle.
Pouvez-vous nous présenter votre relève ?
J'ai 3 chevaux en préparation qui, en terme d'âge, se suivent : un 8 ans, un 7 ans et un 6 ans. Ils ne sont pas ou peu sortis en concours et sortiront en temps voulu. L'idée c'est surtout de les dresser pour le Grand Prix. Cette année je pense que je les sortirais un peu sur les terrains mais sans forcément tourner en épreuves ou peut-être une fois ou deux dans la saison, plus pour leur montrer des choses et l'ambiance d'un concours que vraiment pour concourir.
Ce sont tous des hollandais et achetés, poulains, non débourrés ou non formés. Les jeunes, ça prend du temps et acheter des chevaux dressés prêts à tourner en concours tout de suite, c'est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre. Je pense par ailleurs que ça va un peu à l'encontre de la discipline. Après il est bien entendu certain que je ne refuserais pas un cheval dressé !
Je ne fais pas du tout d'élevage, c'est à mon avis beaucoup trop une loterie. C'est aussi ce qui fait les joies de l'élevage me direz-vous, mais je préfère acheter un peu plus vieux de façon à pouvoir voir plus de choses.
Un concours que vous aimeriez faire (ou que vous avez fait et que vous avez beaucoup aimé) ?J'ai fait quelques internationaux sur le Grand Prix cette année. Il a donc beaucoup de concours que je vais pouvoir découvrir dont certains qui sont même assez mythiques. Donc pour le moment je découvre, je profite et il faudra me reposer la question dans quelques mois (rire). En France il y a des concours sur lesquels j'aime bien me rendre. On ne peut pas tous les citer mais entres autres, Saint Lo, la Baule, Compiègne et la Garde sont aussi très agréables. |
Si vous aviez carte blanche pour réaliser une action pour la promotion du dressage en France, que feriez-vous ?
Question bien difficile ... tant il y a de choses à faire ! Honnêtement je ne saurais pas par où prendre le problème. Certains ont essayé avec plus ou moins de réussite et de longevité.
Je pense que j'essayerais de regarder comment les étrangers ont fait pour arriver au niveau où ils sont pour m'inspirer des systèmes allemands-hollandais-anglais-américains, qui ont tous fait leurs preuves.
Je ne pense non plus qu'il faille chercher la médiatisation à tout prix. Elle vient avec les résultats et je ne pense pas que la médiatisation seule pourra être le moteur de la promotion, ni le clinquant d'ailleurs .. Il faut installer des projets qui tiennent sur la longueur et non qui s'essoufflent au bout de quelques années.
Quand on regarde à l'étranger il est certain qu'il y a des exemples à étudier de plus près, comme ce que fait British Dressage par exemple. Travailler pour le dressage français est aujourd'hui une mission bien difficile tant le problème est complexe. Il y a pourtant beaucoup de beaux évènements à qui il faudrait donner toute l'importance qu'ils méritent.
Peut-être est-ce aussi culturel, où dans la façon dont la discipline est initiée à la base. Quand on fait du dressage les gens ont souvent l'impression qu'on ne rigole pas, qu'on est limite austère ... Et il faut bien avouer que souvent, dans l'esprit des gens, dressage rime avec séance de mise en selle et souffrance et en rien avec quelque chose de ludique, comme peut être enseigné le CSO ou le CCE.
Avec quelle selle montez-vous ?Pour le moment j'ai une Amerigo mais je suis en discussion avec des partenaires donc ça va peut-être évoluer. |
à propos de vos partenaires pouvez vous nous en dire un peu plus ?
J'ai quelques partenaires qui m'apportent un soutien matériel, mais pas de partenaires financiers. Leurs présences et leur engagement est nécessaire est apporte un vrai soutien. Je suis d'ailleurs toujours à la recherche de nouveaux partenaires. Je suis également ambassadeur d'une association caritative : Main dans la Main qui s'investit au quotidien au près des enfants de plusieurs hôpitaux parisiens. C'est une cause qui me touche personnellement et pour laquelle j'avais envie de m'engager et avec laquelle j'espère bien construire quelque chose de durable.









