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75-1Nommée en 1989 par la FEI, Isabelle Judet fait partie de la poignée de juges***** que l'on appelait autrefois les juges O. Elle est donc amenée à juger régulièrement des échéances comme les Championats d'Europe, les Coupes du Monde et les CDI*****.

Mais elle a aussi été Chef d'Equipe et Sélectionneur pendant trois ans et également entraineur de l'Equipe de Fance pendant trois ans.

Aujourd'hui, elle voyage dans le monde entier pour juger, entrainer ou accompagner sa fille Camille sur les terrains de concours... et répond à nos questions.

Quel est votre sentiment sur la différence parfois significative qu'il existe en les notes obtenues par les couples français en France et à l'Etranger. Jugement national et international sont-ils similaires ? Si non pourquoi ?

Nous en revenons toujours au problème de la formation des juges sur lequel la Fédération Française d'Equitation revient actuellement. Le système requiert des modifications afin d'harmoniser les compétitions nationales et internationales.

Cependant, l'objectif n'est pas simplement d'aligner les notes obtenues par les couples en France avec celles qu'ils obtiendraient à l'étranger. Le problème est plus complexe et plus profond : il faut que les juges (et les cavaliers par la même occasion) se mettent à la mode internationale. Il faut adapter son oeil à ce qui est recherché à l'étranger. Il faut apprendre ce que représente un 7 ou un 8. Il ne faut pas simplement ajuster le tir en baissant les moyennes des couples sur le circuit national mais comprendre la valeur de tel ou tel pourcentage. Qu'est ce qu'une reprise à 65%, à 68% ou à 70%? Cette réponse doit être universelle.

En effet, on note un différence entre les moyennes en national et en international, peut être est-ce également dû au fait que le circuit français est trop petit. Le risque de tourner en rond (les juges jugeant toujours les mêmes couples et les cavaliers étant toujours notés par les mêmes juges) fausse la donne. Il faut amener de l'air frais en allant voir ou participer à des compétitions internationales pour mettre les compteurs à zéro et repartir sur de bonnes bases.

Un certain nombre de juges internationaux dont vous faites partie, se font finalement assez rares sur les concours et Grand Prix en France. Pouvez vous nous éclairer sur les raisons de cet état de fait ?

103-1Je déduis que vous parlez des juges 5***** autrefois juges Internationaux Officiels (M. Roudier, M. Maurel et moi-même) car en ce qui concerne les juges internationaux, ils sont présents en France (Mme Prain, M. Collard...).

En ce qui me concerne, c'est surtout une question d'emploi du temps et de perfectionnement permanent. Je m'explique. D'une part il faut bien réaliser qu'un juge 5***** est sollicité chaque week end aux quatre coins du monde (car le nombre de juges 5***** est limité et qu'eux seuls peuvent qualifier les couples aux grandes échéances). D'autre part, il est absolument essentiel, à la fois pour toujours parfaire notre technicité et pour avoir une vision toujours adaptée du sport, d'être présents sur les compétitions internationales.

Si je ne juge qu'une ou deux fois par an en France, j'affine mon oeil tous les autres week ends où je juge à l'étranger pour avoir une vision la plus 'juste' possible. Finalement, l'absence des juges 5***** en France peut également être expliquée par le problème du statut des juges dans notre pays : il faut savoir qu'un juge se déplaçant en France pour une compétition nationale n'est pas rémunéré (seul son déplacement est prix en compte par l'organisateur).

Quels sont, selon vous, sur le Grand Prix en France, les couples qui ont marqué l'année 2010 et ceux à suivre pour 2011 ?

Bien sûr les performances, rares mais tout à fait satisfaisantes de Marc Boblet avec son Withni Star sont à noter mais j'attends avec plus de curiosité les débuts de sa jument Noble Dream en Grand Prix.

En 2011, je dirais qu'il faudra suivre avec attention l'évolution de Stéphanie Brieussel et son jeune Werner, de Catherine Durand Henriquet et ParadiseZauber. D'autres cavaliers sur le plus ou moins long terme seront à suivre, Jessica Michel ou Julie Pellerin par exemple. Je crois qu'il est essentiel de garder un oeil attentif sur les jeunes générations qui seront l'avenir de l'équipe de France.

On parle depuis quelques semaines, d'un certain nombre de changements effectués par la DTN en vue de la qualification pour les JO de Londres. La commission dressage n'a pas été consultée. Pourquoi ? Quel est donc le rôle de cette commission si elle n'est pas consultée pour la mise en place des projets de la DTN ?

A ma connaissance il n'y a pas de Commission de Dressage, simplement une présidente. La Fédération avait donc réuni un certain nombre d'experts représentant les divers partis (cavaliers, propriétaires, organisateurs, juges, entraîneurs...). La présidente a été informée des propositions faîtes par le groupe de réflexion et c'est la Direction Technique Nationale qui a élaboré de son côté le document qui a été présenté aux cavaliers.

Hormis Totilas, si tant est que ce soit le cas, quel cheval a, pour vous, marqué l'année 2010 sur le plan international ?

Je pense surtout à Mistral Hojris qui pour les Britanniques a certainement dû marquer l'année 2010 avec sa cavalière Laura Bechtolsheimer en décrochant l'argent au JEM de Lexington, performance fabuleuse. 

Votre meilleur souvenir de juge ?

Mon meilleur souvenir 2010 : Totilas marchant, somptueux et calme, aux remises des prix. Majestueux, pointant ses oreilles à la foule avec une sérénité incroyable.

Vous avez une baguette magique mais ne pouvez vous en servir qu'une fois ? Que faites vous pour le dressage français ?

Je reformerais la structure. C'était d'ailleurs le seul but du groupe de réflexion évoqué précédemment. Le problème ne vient pas des chevaux, ni des cavaliers, ni des entraîneurs. Le problème vient d'une structure défaillante qui ne prend pas en charge les cavaliers dès les années poney pour les diriger progressivement vers le Grand Prix.

La réforme du système offrirait au dressage Français un cadre bien précis dans lequel chaque rôle serait défini et dans lequel chacun aurait sa place (cavaliers, entraîneurs, juges, sponsors, organisateurs, journalistes...).

Mais je suis convaincue que la magie ne sera pas nécessaire et que nous parviendrons ensemble à améliorer comme il se doit un sport qui ne demande qu'à se développer et à fleurir.

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