Avec Hilton du Clotobie, Rémy Issartel était second du championnat de France 2010. Nous avions déjà posé nos questions à Arnaud Serre, c'est maintenant au tour de Rémy Issartel de se préter à notre petit jeu des questions-réponses.
Comment avez-vous démarré l'équitation ? Comment vous est venue votre passion pour le dressage ?
Je faisais du football et du hand.
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Un cheval que vous aimeriez monter ? Ravel pour son classicisme et la justesse du travail du cheval. Et puis aussi Rembrandt pour le côté mythique du cheval !! |
J’ai commencé un peu par hasard lors d’une colonie de vacances durant laquelle j’ai commencé à monter à poney. Puis en rentrant de colonie, je suis monté plus souvent. J’étais touché par le virus !!
La passion pour le dressage m’est venue assez tôt car je faisais du CSO et du concours complet et on m’a confié des chevaux plutôt orientés pour le dressage. La discipline m’a plu et j’ai donc continué. Ce qui me plait c’est la relation que cette discipline crée avec le cheval.
Quels ont été vos entraineurs passés ? Aujourd'hui, vous travaillez avec qui ?
J’ai débuté au CE de l’Etrier Velave du Puy en Velay (d’où je suis originaire) avec Luc Chantemesse. Puis, en 195, j’ai rejoin la région parisienne pour travailler un an chez Michel Mouré en tant que cavalier professionnel.
Depuis 1996, je m’entraine régulièrement avec Marina Caplain St André .
Et depuis 2010, je travaille avec un binôme de coachs : Marina et un grand entraineur allemand, Dolf Keller, afin de me donner toutes les chances pour les échéances internationales futures.
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Un coach avec lequel vous aimeriez faire une séance ? Klaus Bankenole car il a tout gagné et ses élèves sont parmi les meilleurs au monde. Son équitation est très classique ; une vrai équitation "à la française" !!!! |
Présentez-nous vos écuries, vos activités ?
Je suis installé en Bourgogne à St Valérien entre Sens et Fontainebleau.
Je dispose d’une structure fonctionnelle (1 grand manège, 3 carrières, paddocks) conçue pour l’entrainement et la valorisation des chevaux de sports (qui est avec les compétitions, mon activité principale).
J’ai une quinzaine de chevaux au travail (de tous niveaux et de tous âges, principalement pour le dressage et le CSO) et je reçois régulièrement des cavaliers en stage avec leurs chevaux. Je me déplace également pour animer des stages à l’extérieur de mon écurie et en France et à l’étranger.
Je fais également un peu d’élevage puisque je dispose de 2 poulinières (dont Jazie du Clotobie, la propre sœur d’Hilton), ce qui m’assure des chevaux de relève ou des chevaux qui à terme seront commercialisables.
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Un concours que vous aimeriez faire (ou que vous avez fait et que vous avez beaucoup aimé) ? Aix La Chapelle. C’est le rêve de tous les cavaliers, c’est un événement mythique !!! Anky Van Grunsven disait à propos d’Aix la Chapelle : « tous les ans, ont lieux les Championnats du Monde de Dressage. C’est à Aix la Chapelle que cela s’y passe ». C’est vous dire le niveau de ce concours !!!! |
Pouvez-vous nous présenter vos chevaux (Hilton, Windshear, et votre relève) ?
Hilton n’est presque plus à présenter !!!!
C’est un SF aujourd’hui âgé de 16 ans. Nous l’avons acheté avec ma compagne Carine à l’âge de 2 ans et 1 /2. Nous l’avons débourré puis le l’ai dressé jusqu’au Grand Prix. C’est un cheval admirable et exceptionnel à mes yeux car il est très courageux et toujours très volontaire. Il m’a permis de faire mes armes sur le niveau du Grand Prix et cela n’a pas de prix car les chevaux dressés qui font le GP de A à Z sans aucune impasse sont très rares et très recherchés, y compris dans les pays du nord de l’Europe ! Ce dont je suis très fier également par rapport à ce cheval c’est d’avoir pu courir tant de GP avec lui (cette année Hilton entame sa 6ème saison au niveau GP) tout en respectant son intégrité physique et mentale.
En ce qui concerne Windshear ZM, c’est une jument Oldenburg de 10 ans que j’ai élevée avec Mr Zappella à qui elle appartient.
Sa mère est Jazie du Clotobie (cf plus haut) et son père est Welt It II (par Weltmeyer). Je l’ai donc depuis toujours car nous l’avons fait naître. Je pense qu’elle dispose d’un grand potentiel et je la prépare pour le GP. Grâce à Hilton, elle a toujours été préservée car en accord avec son propriétaire, l’objectif est de la dresser pour le Grand Tour. De ce fait, je n’ai pas souhaité trop la ‘blaser’ sur des épreuves de types St Georges/ Inter qui à mes yeux ne préparent pas toujours bien les chevaux pour le GP. Elle a donc couru en 2010 sur ce niveau mais pas de le but de ‘gagner à tout pris’ mais juste pour la mettre dans l’ambiance compétition.
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La marque de votre selle ? Passier bien entendu !!! Je monte avec cette marque de selle depuis plus de 15 ans et Passier est mon sponsor depuis 2007. Leurs selles sont parfaites pour la pratique du dressage. Tout le matériel Passier s’adapte de façon incomparable à chaque type de cheval ! De plus, la qualité des cuirs utilisés transforme le moindre filet en un véritable petit bijou !! |
Si vous aviez carte blanche pour réaliser une action pour la promotion du dressage en France, que feriez-vous ?
Il y aurait tant de choses à faire !! Je commencerais par faire en sorte que dans toutes les grandes manifestations françaises de CSO il y ait un concours de dressage associé afin de dynamiser la discipline, la faire découvrir à une population plus large de cavaliers. Notre discipline tourne beaucoup trop en vase clos et est beaucoup trop repliée sur elle même !! (Je vous renvois par exemple à la médiatisation inexistante des Master Pro 2010 par exemple). Aujourd’hui, le dressage intéresse de plus en plus. Je crois d’ailleurs que c’est une des disciplines qui connaît les taux d’accroissement le plus important en terme de pratiquant. Mais aujourd’hui, il faut aller encore plus loin ! Il faut surfer sur l’effet Totilas qui a fait connaître le dressage de manière très large !
Cela permettrait donc d’améliorer l’image du dressage et cela inciterait certainement plus de propriétaires et d’investisseurs de manière générale à injecter de l’argent dans notre discipline.
En effet, nous manquons cruellement d’investisseurs dans notre discipline, notamment en matière d’achat de chevaux à fort potentiels (dressés ou pas).
Aujourd’hui, la France est dans une bonne dynamique mais nous avons un retard chronique par rapport aux autres nations. Nous avons de bons cavaliers avec des chevaux corrects mais nous ne sommes pas encore capables de courir pour une médaille. Pour un jour l’être, il nous faut plus de moyens financiers pour avoir des meilleurs chevaux et SURTOUT un meilleur suivi dans l’entrainement. Le haut niveau coute très cher et pour réussir, les moyens financiers restent indispensables.