Introduction
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Tour à tour source de nourriture, moyen de locomotion, de traction, le rôle du cheval fut aussi très important dans l'armée, jusqu'au début du XXè siècle.
L'équitation actuelle (qui est surtout une équitation de loisir et sportive), est donc l'héritage de plusieurs centaines d'années d'utilisation et d'étude du cheval. Il nous semblait intéressant de faire le point sur deux moyens particuliers dont dispose de cavalier afin de diriger, contrôler voire imposer des attitudes au cheval : les mors et enrênements.
Bien que ceux-ci soient des outils journaliers du travail du cheval, leur étude est très peu abordée durant le cursus vétérinaire. C'est pourquoi nous proposons ici une réflexion sur leur utilisation, les inconvénients ou avantages qui peuvent en découler. En effet, bien qu'aucune documentation scientifique n'existe actuellement sur ce sujet, il paraît évident qu'une utilisation abusive ou inadéquate des mors et des enrênements puisse être à l'origine de problèmes musculaires ou ostéo-articulaire (60)
Ces dysfonctionnements, même bénins, peuvent fragiliser l'appareil locomoteur, prédisposant le cheval à des baisses de performances, voire à des lésions plus graves (dorsalgies, entorses, tendinites...).
Le mors aussi appelé embouchure est la partie du harnachement placée dans la bouche du cheval.
Les enrênements sont des pièces de cuir, corde, ou caoutchouc, rajoutées au harnachement dit "de base" du cheval et qui agissent sur son attitude. Ce sont des aides artificielles, des moyens de domination, créées par l'homme pour prolonger les aides naturelles, les fortifier ou y suppléer.
Afin que notre étude soit la plus complète et la plus compréhensible possible, il semble indispensable de présenter dans la première partie de ce mémoire, les points clés de l'anatomie et de la biomécanique du cheval, directement en rapport avec l'utilisation des mors et enrênements. En effet, si ceux-ci agissent localement au niveau de leurs points de fixation, leur action est en faite plus globale et concerne l'attitude, donc la locomotion du cheval.
Une fois ces notions de bases exposées, nous nous sommes attachés dans les seconde et troisième partie, à l'étude respective des mors puis des enrênements. Notre but n'est pas l'exhaustivité mais, avant tout, la présentation des montages les plus répandus et les plus utilisés actuellement. Leur mode d'action sera analysé selon une approche biomécanique.
La dernière partie de ce travail sera enfin consacrée aux affections liées, ou suspectées d'être liées à l'utilisation inadéquate de ces montages, et donc à leurs indications et contre-indications.
A la lumière de cette étude nous tenterons de faire ressortir les conseils que le vétérinaire équin pourrait être amené à prodiguer au cavalier quant à l'utilisation des mors et enrênements ou la rééducation de son cheval.
Commençons par un bref historique...
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Les équidés sont apparus sur terre plusieurs millions d'années avant l'homme. L'ancêtre du cheval domestique actuel, Equus, est apparu à la fin du Paléolithique, après 60 millions d'années d'évolution des équidés. Très vite, les hommes chasseront et les parqueront.
Les premiers signes de l'utilisation du cheval par l'homme du mésolithique (20 000 à 10 000 avant Jésus-Christ).
A l'âge de bronze (IIème millénaire avant notre ère) les populations indo-européennes attèlent le cheval, il en découla l'apparition des premières pièces de harnachement (de simples lanières de cuir ou cordes). Les chinois inventeront la roue en 750 avant Jésus-Christ et l'utiliseront pour l'attelage.
Au VIème siècle avant Jésus-Christ, la cavalerie entre en scène dans les armées. Les Egyptiens sont les premiers (600 ans avant JC) à utiliser une selle, sans étrier ni étrivière. Ils connaissaient déjà les mors de brides qu'ils utiliseront plus tard brisés. L'utilisation de la selle se généralisera vers 300 ans après JC. A cette époque, le harnachement se compose d'un simple filet et d'un tapis sur lequel le cavalier s'assoit.
Les Romains, eux, utilisaient la solea ou hipposandale afin de protéger les sabots de leur chevaux. A la même époque, le grec Xénophon écrivait le premier traité d'équitation parlait de l'utilisation des mors et du psalion, sorte de muserolle proche des naseaux. Les gaulois connaissaient aussi le mors et les œillères.
Dans le royaume de France, c'est sous le règle de Charlemagne (IXème siècle) que les étriers et l'arçon de selle furent introduits. Ceux-ci avaient certainement été inventés par les chinois et introduits en occident par les Arabes. A la même époque les mors de bride et les gourmettes, les fers à clou et le collier d'épaule apparurent. Leur emploi fut généralisé au XIIème siècle. Le harnachement évoluera très lentement entre le Xème et le XVème siècle.
Les remous de la renaissance seront aussi décelables dans l'équitation avec la fin de la chevalerie. Les guerres d'Italie font découvrir aux français les académies italiennes d'équitation (Naples et Ferrare) qui seront les modèles des académies françaises. De cette période découle toute l'équitation académique actuelle.
Les précurseurs de l'école française seront formés par Pignatelli : Antoine de Pluvinel de la Baume (1555-1620) et Salomon de la Broue (1552-1602).
Salomon de la Broue sera un des premiers théoriciens de l'équitation, étudiant et prenant en compte la psychologie du cheval.
Quant à Antoine de Pluvinel, il sera l'inventeur du travail du cheval aux piliers, où son port de tête est réglé par des enrênements et un caveçon, il est de plus retenu par des longes.
Partie : Points clés de l'anatomie et de la biomécanique du cheval en rapport avec l'utilisation des mors et enrênements
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Les mors et les enrênements font partie des multiples moyens dont dispose le cavalier afin de contrôler et imposer une attitude au cheval. Par ces aides, le cavalier tente, entre autre, de fixer le cheval dans une position de tête et d'encolure.Ce "placer" de tête et d'encolure est important car il conditionne la posture générale du cheval et sa locomotion.
Afin de comprendre le mode d'action des mors et enrênements, il importe donc de connaître les points clés de l'anatomie et de la biomécanique du cheval entrant en jeu lors de leur utilisation.
Nous nous intéresserons ici plus particulièrement à la tête (point de fixité de ces montages) et à l'axe vertébral du cheval.
I. La colonne vertébrale du cheval
A. Ses caractéristiques générales en quatre points
1) La formule vertébrale
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L'unité fonctionnelle du rachis ou colonne vertébrale est la vertèbre. leur nom et forme varient selon la région étudiée.
Il en découle la formule vertébrale suivante : 7C/18Th/6L/5S/17-21Co.
(vertèbres cervicales: C, thoracique : Th, lombaires : L, sacrales : S, caudales : Co)
2) Un "pont" plutôt qu'une colonne
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Contrairement à l'homme chez qui le rachis constitue une véritable "colonne" portée sur le bassin et les membres, chez le cheval, l'axer vertébral forme plutôt un pont : le pont thoraco-lombaire.
Le pont thoraco-lombaire, central, est suspendu entre les membres pelviens et thoraciques. Il est équilibré crânialement par le balancier cervico-céphallique (tête + encolure) et caudalement par le balancier caudal (queue).
Il permet de transmettre l'impulsion donnée par l'arrière-main à l'avant-main.
3) Une encolure longue et mobile, un segment lombaire court et rigide :
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| % segments |
||||
| cervical |
thoracique |
lombaire |
sacral |
|
| cheval |
32 |
43 |
15 |
10 |
| boeuf |
24 |
40 |
22 |
14 |
| chien |
27 |
36 |
30 |
7 |
| homme |
17 |
40 |
26 |
17 |
Comme chez toutes les espèces onguligrades, adaptées à la course, le segment cervical (encolure) est très développé et très mobile (voir fig. 1). Associé à la tête, elle constitue de le balancier cervico-céphalique qui représente environ 10% du poids du cheval. Son rôle est primordial dans la locomotion de cette espèce (Tableau I).
Par contre, contrairement à l'homme et aux carnivores, le segment lombaire du cheval se caractérise par sa brièveté et sa grande rigidité.
4) Ses courbures
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La colonne vertébrale du cheval présente trois principales courbures d'une grande importance du point de vue fonctionnel (Fig. 1) :
- Une courbure nucale, à convexité dorsale. Elle s'étend de C1 à C3.
- Une courbure cervicale basse (plus précisément cervico-thoracique), à convexité ventrale. Elle s'étend de C3 à Th4.
- Une courbure thoraco-lombaire, à légère convexité dorsale, de Th4 à L6.
Le sacrum du cheval est très légèrement concave, voire le plus souvent rectiligne.
La jonction lombo-sacrée (L6-S1) ne définit par de courbure mais un angle marqué : l'angle du promontoire. Sa valeur est de 15 à 25° chez le cheval.
Hormis les vertèbres sacrales, toutes les vertèbres sont mobiles les unes par rapport aux autres. Les vertèbres s'articulent entre elles par leur corps et leur arc.
B. Principales caractéristiques des articulations inter-vertébrales du cheval
1) Au niveau de l'union des corps vertébraux
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- Le disque intervertébral. Il est mince chez le cheval. Il ne dépasse pas 2.5 mm d'épaisseur en région thoraco-lombaire. C'est en région cervicale (5.9 mm) et au niveau du promontoire (3.5 mm) qu'il atteint son maximum d'épaisseur (à titre comparatif, chez le chien en région lombaire : 1.5 mm d'épaisseur).
- Le noyaux pulpeux est rapidement envahi par du tissus fibreux et ne diffère de l'anneau fibreux que par une moindre fermeté (hernies discales exceptionnelles chez le cheval).
- Le ligament longitudinal ventral est absent en région cervicale mais très épais et fibreux, surtout en région lombaire.
- Le ligament longitudinal dorsal est très mince et n'a que peu de valeur fonctionnelle, sauf au niveau nucal où son développement particulier intervient dans la stabilité des articulations atlanto-occipito-axiales.
2) Au niveau de l'union des arc vertébraux
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- Les articulations des processus articulaires sont des diarthroses. Chaque vertèbre possède quatre processus articulaires : deux crâniens et deux caudaux. La disposition des surfaces articulaires varie en fonction de la région considérée et en conditionne leur mobilité. Pour les vertèbres cervicales de C3 à C7 elles sont larges, planiformes et radiaires par rapport à l'axe vertébral. En région thoracique de Th13 à Th14, elles sont d'abord petites et tangentielles, situées à la base des processus épineux de Th3 à Th14. A partir de Th14 et jusqu'au sacrum, elles se redressent et deviennent engainantes, limitant fortement les possibilités de mouvements de rotation et de latéroflexion.
- Le ligament inter lamellaire est très fibreux, et délimite dorsalement le foramen vertébral. Son inflammation peut être à l'origine de compressions nerveuses et de névralgies.
- Le ligament inter-épineux est court, mais possède plusieurs plans de fibres obliques, de sorte qu'elles ne s'opposent pas aux mouvements de flexion et d'extension.
- Le ligament supra-épineux est très fort. Il s'ancre sur le sommet des processus épineux. Très fibreux et peu extensible en région lombaire, il devient de plus en plus élastique de la région thoracique à la région cervicale où il se continue par le ligament nucal.
Figure 2 : Schémas des articulations intervertébrales du cheval
3) Le ligament nucal du cheval
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Cette formation très puissante et très élastique possède un rôle primordial dans l'ensemble de la mécanique vertébrale.
S'ancrant sur le sommet des processus épineux du garrot, il est formé d'une corde s'insérant sur la protubérance occipitale externe, et d'une larme épaisse rejoignant les sommets des processus épineux cervicaux.
Il soutient passivement le balancier cervico-céphalique, aidant en cela les muscles cervicaux dorsaux extenseurs de l'encolure.
Son glissement est favorisé par la présence de bourses séreuses au niveau de la nuque et du garrot.
La continuité du ligament avec le ligament supra-épineux explique pourquoi les différences de tension sur la corde nucale, se répercuteront sur la mobilité du reste du rachis selon la position de l'encolure (partie 3, III). Toute la biomécanique des enrênements est basée sur ce principe.
C. Principales caractéristiques régionales et mobilité
Les principales caractéristiques des différents segments de la colonne vertébrale du cheval et les corrélations anatomo-fonctionnelles sont résumés dans les figures 4 à 9 et le tableau II.
1) Le segment cervical (C2 à C7)
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Figure 4 : Troisième vertèbre cervicale de cheval, vue caudale
Caractéristiques des vertèbres cervicales :
- Tête et fosse vertébrale très marquées
- Processus épineux très bas
- Processus transverses peu saillants
- Surface des processus articulaires très larges et planiformes
- Absence de ligament longitudinal ventral, remplacé par le puissant muscle long du cou
- Ligament nucal très élastique
Toutes ces caractéristiques structurelles confèrent à l'encolure du cheval sa grande mobilité.
Figure 5 : Vue latérale gauche du segment cervical
2) Le segment thoracique
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Figure 6 : Cinquième vertèbre thoracique du cheval, vue crâniale et latérale gauche
Caractéristiques des vertèbres thoraciques :
- Corps vertébraux courts. Tête et fosse vertébrale peu marquée, flanquée par des facettes articulaires repondant aux côtes.
- Processus épineux très haut au garrot (20 cm pour Th4-Th5). Inclinés d'abord caudalement, ils se redressent et changent d'orientation à partir de la vertèbre anticlinale (le plus souvent Th14 ou Th15).
- Processus transverses tubéreux et courts s'articulant avec la côte.
- Processus articulaire : différent selon le numéro de la vertèbre (Voir tableau XX)
- A partir de Th9, les vertèbres s'articulent avec les côtes asternales (grande élasticité de la moitié caudale du thorax sur laquelle s'insère le diaphragme, principal muscle respiratoire). Ce qui confère à cette zone une bonne mobilité en latéralement et surtout en rotation.
| Processus épineux | Th3-Th4 |
Th6Th15 |
Th16-Th18 |
| Orientation |
Dorso-caudale |
Dorso-caudale |
Dorso-crâniale |
| Taille |
20 cm en moyenne |
Diminue |
Constante - 5 cm en moyenne |
Figure 7 : Segment thoracique et orientation des processus épineux, vue latérale gauche
3) Le segment lombaire
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Figure 8 : Troisième vertèbre lombaire du cheval
Caractéristiques des vertèbres lombaires :
-
Corps vertébraux puissants
-
Tête et fosse vertébrales planes
-
Processus transverses très larges, présence d'articulation intertransversaires (L5-L6-L6-S1)
-
Surface des processus articulaires redressées et engainantes
-
Ligaments supra-épineux et longitudinal ventral épais et fibreux
Toutes ces particularités confèrent sa rigidité au segment lombaire et limitent ses mouvements de flexion et extension.
Le segment lombaire s'articule donc au sacrum. Ils forment un angle, appelé angle du promontoire.
4) Le sacrum
5) Le segment caudal
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Constitué de vertèbres simplifiées (disparition progressive de l'arc vertébral), c'est le plus mobile de la colonne vertébrale.
Il forme un véritable balancier. Le port de la queue est important dans l'attitude du cheval. S'il est anormal, cela peut être révélateur de problèmes vertébraux ou au niveau du bassin.
|
|
C0-C1 |
C1-C2 |
C2-C5 |
C6-Th2 |
Th2-Th8 |
Th9-Th14 |
Th15-L5 |
L6-S1 |
|
Processus épineux (PE) |
Petits |
Petits |
Petits |
Pe Th1 = 1/2 Pe Th2 |
Proches |
Proches |
Proches |
Divergents |
|
Orientation des PE |
|
|
Crâniale |
C6-C7 : crâniale Th1-Th2 : caudale |
Caudale |
Caudale |
Crâniale |
Crâniale S1 : caudale |
|
Processus articulaires |
Larges radiaires |
Larges radiaires |
Larges radiaires |
Larges C6-Th1 : radiaires Th2 : horizontales |
Petits, tangentiels |
Petits tangentiels |
Redressés, Emboîtés |
Verticaux, Emboîtés |
|
Articulations inter-transversaires |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
L4-L5 dans 44% des cas L5-L6 dans 60% des cas |
Oui (dans 100% des cas) |
|
Fusion des articulations inter-transversaires |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
L5-L6 dans 60% des cas |
Non |
|
Epaisseur du disque inter-vertébral (moyenne) |
|
|
Epais 3.5 mm |
Très épais 5.9 mm en C7-Th1 |
Mince 2.5 mm |
Mince 2.5 mm |
Mince 2.5 mm |
Epais 3.6 mm |
|
Mobilité en flexion / extension |
++ |
0 |
++ |
++ surtout C7-Th1, Th1-Th2 |
+ |
+ |
Th16-L2 +++ L2-L6 + |
+++ |
|
Mobilité latérale |
+ |
0 à +/- |
++ |
+++ en C6-C7-Th1 |
++ |
++ |
+ |
+/- |
|
Mobilité en rotation |
0 |
++ |
++ |
+++ en C6-C7-Th1 |
+ |
++ |
+ |
+/- |
|
Commentaires |
Zone clé : charnière nucale |
Zone clé : articulation atla-axis |
|
Charnière cervico-thoracique |
Mobilité limitée (côtes sternales) |
Plus grande élasticité (côtes asternales) |
Très rigide (sauf charnière TL) |
Charnière lombo-sacrale très souple en flex/ext. |
Tableau III : Corrélations anatomo-fonctionelles des régions vertébrales
Avant de poursuivre ce chapitre par l'étude de la tête du cheval, faisons un bref rappel sur la musculature de la colonne vertébrale.
D. Caractères généraux de la musculature mobillisatrice de la colonne vertébrale du cheval
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Nous ne verrons ici que les point généraux concernant cette musculature d'importance primordiale dans l'activité sportive du cheval.
Leurs interventions dans les mouvements de la colonne vertébrale seront détaillées dans le chapitre consacré à la cinésiologie et à la biomécanique vertébrale.
Le crâne, le sternum et la colonne vertébrale appartiennent à l'armature autour de laquelle et sur laquelle les muscles s'ancrent et agissent.
1) On reconnaît deux groupes musculaires de part leur topographie et leur rôles :
-
La musculature épi-axiale qui est physiquement située "au-dessus" de la colonne vertébrale. Ce sont les muscles extenseurs du segment cervical et du pont thoraco-lombaire.
-
La musculature hypo-axiale, située "sous" la colonne vertébrale. Ce son les muscles fléchisseurs du segment cervical, de l'articulation lombo-illiaque et les muscles abdominaux.
2) Tous ces muscles sont pairs et leur contraction peut être :
-
Bilatérale : mouvement dans le plan sagittal
-
Unilatérale : mouvements latéraux
3) On reconnait deux grands groupes de muscles selon leur rôle dans la mobilisation, la stabilisation et la conduction des mouvements :
-
La musculature juxta-vertébrale profonde ou musculature cybernétique, qui concoure à la contention des articulations intervertébrales. Son intervention est très développée (1 motoneurone? pour 20 à 30 myofibrilles) ce qui engendre une mobilisation musculaire précise. Elle renseigne les centres nerveux supérieurs par voie réflexe. Surtout sensorielle et proprioceptive, elle permet l'évaluation et le contrôle postural. Elle intervient donc dans l'équilibration du cheval.
-
La musculature para-vertébral, superficielle ou gymnique. Elle est moins innervée (1 moto-neurone pour 50 à 1000 fibres musculaires) et intervient donc moins dans la posture et le tonus musculaire. Cette musculature intervient surtout lors d'effort, dans la mobilisation des leviers articulaires ou organes squelettiques. C'est donc la musculature de la motricité et de la puissance.
4) Enfin un autre groupe de muscles, de part leur topographie, agissent sur la colonne vertébrale. Ce sont les muscles d'attache des membres thoraciques. Quand leur point fixe est le membre, ils agissent sur l'encolure et le tronc.
-
Certains appartiennent à la "région thoracique", ils constituent la sangle permettant le support et la suspension du thorax entre les membres antérieurs. Ce sont en particulier les muscles dentelé ventral du thorax et la sangle pectoral. Leur rôle est primordial à la réception en saut d'obstacle et dans les mouvements de protraction et rétraction du membre.
-
D'autres agissent sur l'encolure : le muscle brachio-céphalique (flexion de l'encolure), le muscle droit du cou (extenseur de la base de l'encolure.
E. Les points clés de la colonne vertébrale du cheval
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Après cette étude, il en ressort les zones clés de la colonne vertébrale :
-
C0-C1-C2 : charnière nucal spécialisée dans les mouvements de la tête par rapport au cou. Comme nous le verrons plus loin cette zone est particulièrement sollicitée par les mors et les enrênements.
-
C3 : C'est la "clé de voûte" du segment cervical. Point d'inversion des courbures cervicales. Zone de moindre mobilité (donc de concentration des contraintes)
-
C5-Th2 : Charnière cervico-thoracique, donne toute son amplitude aux mouvements du balancier cervico-céphalique. Surplombe l'entrée de la poitrine avec toutes les structures viscérales qui la traversent (oesophage, trachée, départ du plexus brachial, départ des gros tronc artériels destinés à la tête et au cou d'une part et aux membres d'autre part, présence du plexus nerveux autonome).
-
Th4 ou Th5 : Ces vertèbres possèdent les processus épineux les plus élevés du garrot qui constituent des bras de levier puissants pour l'action des muscles extenseurs de l'encolure et le ligament nucal. Leurs corps vertébraux sont les plus bas = point d'inversion des courbures. "L'élévation du garrot" implique surtout de fortes contraintes imposées à cette vertèbre et aux structures ostéo-articulaires voisines.
-
Th9 ou Th10 : A l'aplomb du centre de gravité du tronc du cheval. Axe moyen d'action du poids du corps du cavalier. Zone de transition entre une portion peu mobile, et une partie beaucoup plus mobile (deuxième moitié du thorax) surtout lors des mouvement de rotation et latéralement (passage des côtes sternales aux côtes asternales, donc plus grande élasticité du thorax).
-
Th14 ou Th15 : Vertèbres anticlinales. Mobilité réduite en extension. Correspond au milieu des diagonales formées par les membres (PG-AD et PD-AG). Zone de transition : à partir de ce point les processus articulaires se redressent et les surfaces articulaires deviennent plus engainantes.
-
Th16-L2 : Charnière thoraco-lombaire, solcitée en flexion. Supporte la partie la plus caudale de la selle (gênes possible lors de l'extension).
-
L3 : Milieu du segment lombaire. Zone de transition entre la charnière thoraco-lombaire mobile et le segment lombaire rigide.
-
L6-S1 : Charnière lombo-sacrée. Grande mobilité en flexion et extension car plus spécialisée dans la cours, articulation majeure de l'engagement de postérieurs et de la propulsion.
-
Le sacrum : Pièce maîtresse de la colonne vertébrale. L'articulation sacro-illiaque permet la transition de l'impulsion des membres postérieurs vers le tronc. Le sacrum donne appui à deux articulations très mobiles : l'articulation lombo-sacrale et sacro-coccygienne.
II. Tête du cheval
Une connaissance des bases de l'anatomie topographique et de l'anatomie fonctionnelle de la tête est primordiale quand il s'agit d'utiliser les mors et les enrênements : c'est sur ces différentes parties que ces montages se fixent et agissent directement.
A. Anatomie superficielle
1) Régions de la tête et rapport avec les parties du filet
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Nous allons présenter sous forme de schémas les régions de la tête et comparer avec un schéma de tête de cheval portant un filet.
Il apparaît que les régions en contact avec des parties du filet sont : le front, la nuque, les crêtes faciales, les joues, la région rétro-mandibulaire, les ganaches, mandibules, menton, et enfin, la bouche.
On notera la présence de massifs osseux, repères pour la disposition du filet : l'apophyse zygomatique, la crête faciale.
Nous étudierons donc plus particulièrement ces régions.
Figure 10 et 11 : Régions de la tête et schémas de cheval portant un filet
2) Structures anatomiques superficielles de la tête pouvant interférer avec le filet
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Légende : 1 : m. canin - 2 : m. élévateur nasalisation - 3 : m. buccinateur - 4 : tendon du muscle cutané - 5 : m. abaisseur de la lèvre inférieure - 6 : m. zygomatique - 7 : m. élévateur de la lèvre supérieure - 8 : m. malaire - 9 : conduit parotidien - 10 : a et v faciale - 11 : branche bucale du nerf facil - 12 : branche rostrale du nerf auriculotemporal - 13 : a et v faciale traverse + branche faciale transverse du nerf auricolotemporal - 14 : m. masseter - 15 : a et v massorétique - 16 : v auriculaire - 17 : m parotidoauriculaire - 18 : nerf auriculaire - 19 : aile de l'atlas - 20 : glande parotide - 21 : v lingofaciale - 22 : nerf masillaire - 23 : v jugulaire externe
Figure 12 : Structures anatomiques superficielles de la tête du cheval
Directement sous la peau et donc indirectement sous le filet, on retrouve les strucutures suivantes :
- Les muscles cutanés de la face sont très nombreux (muscle canin, muscle releveur naso-labial, muscle buccinateur, muscle abaisseur de la lèvre inféreiure, muscle zygomatique...), principalement ceux des oreilles, situés sous le frontal et la têtière. Ces muscles sont importants car ce sont les plus mobiles. Ils conditionnent la mobilité des oreilles et donc la vie de relation du cheval. Toute compression pourrait interférer sur l'ouïe et l'équilibre du cheval. Le muscles masseter qui correspond au plat de la joue intervient, lui, dans la mastication.
- Des structures nerveuses, notamment le nerf facial, qui se trouve en regard des montants du filet, les plexus sensitivo-moteurs (nerf auriculotemporal, infraorbitaire et mental) sont très superficielles. On comprend bien que toute compression, irritation de ces zones provoquera leur hypersensibilité.
- Les structures vasculaires superficielles sont l'artère et la veine faciale, longées par le conduit parotidien et l'artère et la veine transverses de la face.
- Enfin, certains éléments osseux sont à mettre en évience : notamment les os nasaux sur lesquels repose la muserolle ainsi que leurs cartilages rostraux.
B. La bouche du cheval
La bouche (d'où le terme synonyme d'embouchure pour les mors), a pour fonction la préhension alimentaire, la mastication, la gustation et le mélange des aliments à la salive. C'est la cavité initiale du tube digestif. Mais elle a aussi une fonction équestre, qui nous intéresse ici. C'est pourquoi, le positionnement d'un corps étranger dans la bouche du cheval déclenche deux informations paradoxales : "manger" et "exercice".
C'est une zone très riche en récepteurs tactiles chez les animaux. Le cheval est particulièrement sensible à ce niveau, le type de mors et la sensibilité du cheval qui y est associé est donc l'essence même de l'utilisation des mors.
C'est pourquoi il est très important de conserver son intégrité et d'habituer progressivement le cheval au mors.
1) Généralités
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La bouche est une cavité très allongée :
- Rostralement, les lèvres supérieurs et inférieures délitent l'orifice buccal par lequel la bouche communique avec l'extérieur. Les lèvres se rejoignent en deux commissures.
- Caudalement, sa limite est l'isthme du gosier communiquant avec le pharynx.
- Latéralement, on retrouve les joues.
- Dorsalement, le palais dur sépare la cavité buccale de la cavité nasale.
- Enfin, ventralement, le plancher sublingual supporte la langue, qui remplit presque totalement la cavité buccale à l'état de repos.
L'implantation des dents sur les mâchoires supérieures et inférieures divise la cavité buccale en deux : le vestibule entre les parois et les dents, la cavité propre, pratiquement virtuelle.
- Profondeur : 45 cm
- Hauteur : 8-9 cm
- Largeur : 12-13 cm.
Enfin, la partie interne de la bouche est tapissée par une muqueuse, qui rejoint la peau sur le bord libre des lèvres, et la muqueuse pharyngienne à l'entrée du larynx.
La muqueuse buccale est dermo-papillaire.
2) Les lèvres
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Les lèvres sont des replis charnus, musculaires qui interviennent dans la préhension des aliments et ont aussi un rôle tactile.
Structure :
Le support anatomique des lèvres est le muscle orbiculaire de la bouche.
Leur face externe est couverte de peau, de poils fins et de poils longs et durs à fonction tactile. La peau est fine mais résistante. Les poils longs et tactiles sont aussi appelés tentacules. Leurs follicules pileux s'insèrent dans la couche musculaire et sont entourés de sinus veineux. Ces tentacules interviennent dans la détection et le tris des aliments.
Leur face interne est lisse et humide, elle est recouverte par la muqueuse labiale qui contient les glandes salivaires labiales.
De chaque côté, les lèvres supérieures et inférieures se rejoignent et forment les commissures des lèvres. Ces commissures sont situées en regard des barres (environ au milieu), elles sont recouvertes d'une peau très fine et sensible en contact avec les extrémités des canons du mors.
En arrière de la lèvre inférieure se trouve le menton, soutenu par le muscle mental.
3) Les joues
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On reconnaît aux joues deux parties.
Rostralement, la poche de la joue en est la partie la plus mobile. Son support anatomique correspond au muscle buccinateur. Lors de la mastication sa contraction repousse les aliments vers la cavité buccale.
Caudalement, le plat de la joue repose lui sur le muscle masséter.
Entre la poche et le plat de la joue cheminent les artères et veines faciales, ainsi que le canal de sténon.
L'espace entre les mâchoires et les joues est appelé sillon jugo-gingival.
Structure :
Extérieurement les joues sont recouvertes d'une peau fine et de poils. Dans la cavité buccale, les joues sont recouvertes de la muqueuse jugale.
4) Le palais dur
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Plafond de la cavité buccale, il se prolonge caudalement par le palais mou qui sépare l'oropharynx.
Son intégrité est indispensable à la prise des aliments et des liquides.
Structure :
Le palais dur a pour base osseuse principale le processus palatin de l'os maxillaire. Il est recouvert par une muqueuse kératinisée, qui adhère à l'os par une membrane fibreuse. Cette membrane fibreuse inclut de nombreux sinus veineux dans le tiers antérieur du palais. Ceux-ci permettent au palais une certaine turgescence. Si ces sinus ou la région antérieur du palais sont le siège d'une inflammation, le palais est alors gonflé, c'est ce que l'on appelle le lampas.
La muqueuse du palais dur est constitué d'un raphé médian, d'où partent des crêtes transversales : les crêtes palatines. Celles-ci sont orientées rostre-caudalement. Elles ont pour rôle de faire progresser les aliments vers le fond de la cavité buccale lors de la mastication. Un centimètre en arrière des incisives supérieures, on retrouve les papilles incisives, abouchement du canal incisif. Celui-ci assure la communication entre la cavité orale et nasale.
La muqueuse palatine est épaisse au niveau des crêtes et fine entre. Celui-ci contient un grand nombre de papilles à rôle tactile.
Figure 12 : Le palais
5) La langue
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La langue est l'élément central de la bouche. Au repos, elle occupe la quasi totalité de l'espace buccal, et repose dans le canal lingual, délimité par les arcades molaires inférieures. La langue se compose de trois parties : la base, épaisse et fixe, le corps et l'apex, aplati et mobile, avec un léger sillon médian. Le mors repose sur la langue entre l'apex et le corps. En moyenne, la langue mesure 40 cm de long et 6 à 7 cm de haut.
Strucuture :
La langue est un élément majoritairement musculeux (sept muscles), organisé autour d'une structure conjonctivo-fibreuse.
La muqueuse est elle très sensible, et est le siège des organes du goût, du tact.
Dorsalement, cette muqueuse est épaisse et riche en papilles. Ventralement, la muqueuse est beaucoup plus fine et lisse. Elle forme un repli qui la rattache au plancher sublingual et forme ainsi le frein de la langue.
Les papilles de la langue sont des élévations dermiques, recouvertes d'épithélium. Elles sont de nature très différentes.
- Les papilles filiformes sont présentes sur toute la langue. Elles ne contiennent pas de bourgeons du goût et ont donc uniquement une fonction tactile.
- Les papilles fongiformes se nomment ainsi car leur partie libre est renflée. Elles se situent surtout sur les côtés du plat de la langue. Elles interviennent dans le goût et le tact.
- Les papilles circum-vallées sont ainsi nommées car elles se situent dans une invagination (vallum) de la muqueuse. On les retrouve sur la base de la langue. Leur diamètre peut être de 6-7 mm. Au centre, une masse dermique très vascularisée porte des papilles spéciales : les bourgeons du goût.
- Les papilles foliées se situent près des piliers de la langue et ne rentrent donc pas en contact avec le mors.
- La langue est donc très irriguée et innervée car elle est très musculeuse et supporte de nombreuses papilles. Les trajets des nerfs et vaisseaux sont très sinueux ce qui éviter les tiraillement durant ses nombreux mouvements.
Figure 14 : La langue
Légende : 1 : entrée de l'oesophage - 2 : plafond du nasopharynx - 3 : palais mou - 4 : cartilages aryténoïdes - 5 : épiglotte - 6 : bords libres du palais mou - 7 : arc palatoglosse - 8 : ton silles linguales - 9 : papilles foliacées - 10 : papilles circum-vallées - 11 : papilles fongiformes
6) Les dents et gencives
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Le cheval acquiert une première dentition, dite lactéale, qui est petit à petit remplacée par une dentition définitive. Il faut donc y penser, lorsqu'on "embouche" un jeune cheval, et pour le choix de son mors. En effet, le cheval est débourré et commence donc à travailler avant que toutes ces dents ne soient en place.
On notera : I = incisives, C = canines, Pm = prémolaires, M = molaires
| 1 an | 2 ans |
2 ans 1/2 |
3 ans |
3 ans 1/2 |
4 ans |
4 ans 1/2 | 4 à 5 ans |
| M1 |
M2 |
I1/Pm2 |
Pm3 |
I2 |
Pm4/M3 |
I3 |
C |
Les mâles adultes ont 40 dents et les femelles 36.
Formules dentaires :
Mâles : 2 (I3/3 C1/1 Pm3/3 M4/4) pas de Pm1.
Femelles : 2 (I3/3 C0/0 Pm3/3 M4/4) pas de canine ni de Pm1.
Il existe cependant des exceptions. Les femelles peuvent avoir des canines, elles sont alors dites "bréhaignes". Les mâles peuvent avoir des premières prémolaires (Pm1) maxillaires, appelées dents de loup ou mandibulaires, appelées "dents de cochon" (mais ces dernières sont très rares).
Sur les arcades, l'espace entre la dernière incisive et la première prémolaire est appelé "barre". Chez le mâle, les canines divisent cette région en deux. Les barres tout comme les gencives sont recouvertes de muqueuse buccale épithéliale, épaisse, présentant de nombreuses papilles et richement irriguée. La gencive entoure la dent et participe à sa fixité.
La particularité des dents du cheval réside dans le fait qu'elles sont à croissance continue, ce qui nécessite une usure régulière et homogène. De plus le cheval possède une occlusion particulière :
- la mandibule est plus étroite que la maxillaire (anisognatisme, au repose, le bord labial des molaires inférieures est en contact avec le bord lingual des molaires supérieures).
- la maxillaire est légèrement en avant de la mandibule (prognatisme).
Structure d'une dent :
Les dents sont constituées de matériaux solides (l'ivoire ou dentine, l'émail et le cément) et de structures souples (pulpe, bulbe dentaire, ligament alvéolo-dentaire). Elles prennent place dans des alvéoles de l'os maxillaire ou mandibulaire et sont entourées de la gencive. Le passage des vaisseaux ou nerfs vers la pulpe se fait par le forament apical.
- La dentine délimite la cavité pulpaire avec laquelle elle est reliée par des prolongements cellulaires et des terminaisons nerveuses. Cette structure est calcifiée.
- La pulpe, occupe la cavité centrale de la dent. Elle est constituée d'un tissus conjonctif de texture mucoïde, riche en vaisseaux et ramifications nerveuses.
- L'émail est une couche translucid, minérale, sur la partie visible de la dent et qui recouvre la dentine. Elle n'est pas innervée, ni irriguée.
- Le cément est la substance dure et opaque qui recouvre l'ivoire au niveau des racines. Le cément peut progresser jusqu'à la table dentaire.
- Au fond de l'alvéole dentaire, la dent est fixée par le ligament alvéole-dentaire. C'est une différenciation de la pulpe, aussi riche en vaisseau et rameaux nerveux.
Figure 15 : Structure de la dent chez le cheval. Exemple d'une incisive
7) Innervation des structures étudiées
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| Innervation | |||
| Motrice |
Sensitive |
||
| N. trijumeau |
Branche mandibulaire |
Dents Lèvre supérieure |
|
| Branche maxillaire |
Palais (vasomotrice) |
Dents Palais Lèvre inférieure |
|
| Faisceaux mentonnier |
Menton |
||
| N. facial |
Lèvres |
||
| N. Hypoglosse |
Langue |
Langue |
|
| N. lingual |
Langue (2/3 rostraux) | ||
| N. glosso-pharyngien | Langue (base) |
||
Tableau V : Innervation des structures faciales
Nous notons que les parties les plus sensibles de la bouche seraient la langue et les barres.
C. Les articulations clés de la tête
Le crâne possède une articulation externe, appartenant à la nuque et permettant la mobilité de la tête par rapport au cou. Cette articulation (C0-C1-C2) a donc une grande importance dans la locomotion et la vie de relation du cheval.
Les articulations propres sont au nombre de deux : l'Articulation Temporo-Mandibulaire ou ATM et l'articulation hyoïdienne.
1) L'articulation tête encolure : articulation C0/C1/C2
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a) L'articulation atlanto-occipitale (C0-C1)
Cette articulation met en jeu deux vertèbres cervicales à conformation particulière : l'occiput et l'atlas.
- L'occiput (C0) est une vertèbre modifiée annexée au crâne lors du développement foetal. Il possède deux surfaces articulaires très convexes, les condyles occipitaux, de part et d'autre du foramen magnum. Elles répondent aux surfaces articulaires de l'atlas.
- L'atlas (C1) n'a pas non plus la forme habituelle des vertèbres cervicales. Il n'a pas de corps à proprement parlé, mais un arc ventral et un arc dorsal. L'arc dorsal comprend des processus transverses très élargis : les ailes de l'atlas. L'arc ventral porte caudalement une surface articulaire particulière, la fovéa dentis qui reçoit la dent de l'axis. Crânialement, deux surfaces articulaires, condylaires, concaves, s'articulent avec l'occiput. Caudalement, deux surfaces articulaires planiformes en plus de la fovéa dentis répondent à celle de l'axis.
Cette articulation synoviale comprend comme moyen d'union une capsule articulaire, renforcée latéralement par deux ligaments latéraux. Ces ligaments partagent la capsule en deux membranes, une ventrale et une dorsale, elle même renforcée par des structures fibreuses obliques et croisées.
Les mouvements de la tête par rapport au cou permis par cette articulation sont les mouvements de flexion et extension. Lors de flexion, l'espace atlanto-occipital dorsal s'élargit faisant subir un étirement à la capsule articulaire.
Les mouvements latéraux sont limités. La possibilité de mouvements de rotation est très limitée.
b ) L'articulation atlanco-axiale (C1-C2)
Cette articulation met enjeu l'atlas et l'axis, vertèbre elle aussi modifiée.
L'axis est une vertèbre longue. Elle possède un corps contrairement à l'atlas et un prolongement crânial, la dent de l'axis, hémotronconique, qui se loge dans la fovéa dentis de l'atlas.
Latéralement à la dent de l'axis se trouvent deux surfaces articulaires planes, répondant à celles de l'atlas.
Caudalement, cette vertèbre cervicale possède une fosse vertébrale concave semblable à celles des autres vertèbres cervicales.
L'union de ces deux vertèbres se fait par la membrane atlanto-axiale, sorte de capsule articulaire, qui ferme tout l'espace inter-vertébral. Un ligament atlanto-axial ventral et un dorsal, renforcent cette membrane.
A l'intérieur même de cette articulation, deux structures concourent à la stabilité de l'articulation. La membrane tectoriale, large lame fibreuse, est la continuation du ligament longitudinal dorsal. Elle recouvre la dent de l'axis et la plaque contre l'arc ventral de l'atlas. Elle est très développée chez le cheval. Le ligament longitudinal de la dent est dorsal et plaque lui aussi la dent de l'axis.
La dent de l'axis est en fait un pivot autour duquel tourne l'atlas. Les seuls mouvements permis par cette articulation sont donc des mouvements de rotation.
La combinaison de ces deux articulations permet donc toutes les orientations de la tête du cheval par rapport à l'encolure.
2) L'articulation temporo-mandibulaire
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Figure 16 : L'articulation temporo-mandibulaire
La mâchoire inférieure ou mandibule, est articulée à la boite crânienne par l'articulation temporo-mandibulaire (ATM). Cette articulation est une diarthrose dont les surfaces articulaires condylaires de la mandibule correspondent aux articulations condylaire temporales par l'intermédiaire d'un disque. Leurs surfaces articulaires sont étirées transversalement, inclinées dans le même sens que l'usure des dents. L'ATM permet la mastication. Ses surfaces condylaires aplanies permettent majoritairement des mouvements de glissements latéraux et rostro-caudaux. Les mouvements verticaux son limités contrairement à l'homme ou au chier.
3) L'articulation de l'os Hyoïde
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L'hyoïde est formé de l'association de plusieurs os et se situe entre les deux branches mandibulaires, il s'articule au crâne avec l'os temporal. Il assure la suspension du phratyns, du laryns et donne attache à la langue. Il intervient particulièrement durant la déglutition.
Le corps ou os basyhyal se prolonge crânialement par le processus lingual chez le cheval : cette structure soutient la langue.
Entre les grandes cornes ou os thyrohyals, se trouve le larynx.
Les petites cornes ou os cératophylles s'articulent avec les os stylohyals qui suspendent les parois du pharynx et sont en rapport avec les parois des poches gutturales.
4) Influence des mors
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Tels qu'ils sont positionnés, avec les différents enrênements qui peuvent y être associés, on ne peut que penser qu'ils interfèrent avec les articulations dont nous venons de parler :
De par leur mode d'action :
- l'ATM est la première articulation sur laquelle peut agir le mors quand il s'appuie sur les barres mandibulaires, son action est de type levier.
- C0/C1 est la deuxième articulation sur laquelle le mors agit, son rôle étant aussi de contrôler le port de tête et donc l'attitude du cheval.
De par leur montage :
- Extérieurement, certaines parties du montage (anneaux, poulies, montant de filet...), si elles sont mal réglées, peuvent être à l'origine de compressions ou gênes aux mouvements de la mâchoire.
- De plus le canon interfère sur la mobilité de la langue et donc de l'appareil hyoïde.
III. Eléments clés de la biomécanique vertébrale du cheval
A. Le mouvement vertébral
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La mobilité vertébrale ne se conçoit que par le mouvement d'une vertèbre par rapport aux vertèbres adjacentes. En effet, le mouvement propre d'une vertèbre est de très faible amplitude (du fait de ses nombreuses articulations et ligaments).
Ces mouvements sont possibles dans les différents plans de l'espace :
- La flexion provoque un écartement des processus épineux, un rapprochement des corps vertébraux.
- L'extension provoque un rapprochement des processus épineux, un éloignement des corps vertébraux.
- Les mouvements de rotation axiale et de latéralement qui sont en général associés.
C'est l'addition de tous ces petits mouvements tout le long de l'axe vertébral, qui confère sa flexibilité à l'ensemble de la colonne vertébrale.
1 ) Cinésiologie de la colonne cervicale
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Tous les mouvements font intervenir différents types de muscles :
- Les muscles à bras de levier long (ex. : M. sternocéphallique pour la placer cervical) permettent les mouvements de grande amplitude.
- Les muscles à bras de levier courts (ex : M. scalène pour la flexion cervicale) contrôlent la base du cou lors de mouvement.
- Les muscles juxta-vertébraux qui confèrent à chaque instant la stabilité au cours du mouvement (ex : M. long du cou lors de la flexion cervicale).
- Les muscles antagonistes qui contrôlent par contraction excentrique l'amplitude e la vitesse du mouvement.
a) Les deux zones charnières de la colonne cervicale
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On discerne deux régions à mobilité maximale sur la colonne cervicale
1. La nuque ou région cervicale haute (C0-C1-C2), dont les mouvements articulent la rête par rapport à l'encolure L'articulation atlanto-occipitale permet les mouvements de flexion, extension et latéroflexion de la tête par rapport à l'encolure.
- L'articulation C1/C2 est le lieu de la rotation de l'ensemble C1-Tête autour de l'axe formé par la dent de l'axis.
2. La région cervicale basse ou jonction cervico-thoracique (C5 à Th2) dont les mouvements influent sur l'ensemble du balancier cervico-céphalique.
Seule C3 est une zone de mobilité réduite car cette vertèbre constitue en quelque sorte la "clé de voûte" du segment cervical. Elle correspond au point d'inversion des courbures de la colonne cervicale.
b) Mouvements de flexion du balancier cervico-thoracique
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On distingue la flexion cervicale basse et la flexion cervicale haute :
- La flexion cervicale basse est due à l'action bilatérale des muscles scalènes, long du cou, sterno-céphalique et brachio-céphalique. C'est le mouvement permettant l'abaissement de l'encolure. La plus grande amplitude du mouvement a lieu au niveau de la charnière cervico-thoracique, particulièrement entre C7-Th1 et Th1-Th2. Notons qu'à partir d'un certain degré de flexion, la tension exercée sur les antagonistes ajoutée à l'action du muscle brachio-céphalique, ont tendance à provoquer l'extension de la nuque.
- La flexion cervicale haute ou flexion nucale, elle, fait essentiellement intervenir la charnière C0-C1.
Les principales actions musculaires permettant ces mouvements sont représentées dans les figure 17 et 18.
Figure 17 : Flexion cervicale basse
Figure 18 : Flexion cervicale haute
c) Mouvements d'extension du balancier cervico-céphalique
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On distingue également l'extension cervicale basse et l'extension cervicale haute.
- L'extension cervico-thoracique ou cervicale basse fait essentiellement intervenir la jonction cervico-thoracique. Elle correspond au relever de l'encolure. L'ensemble du balancier cervico-céphalique se redresse. C'est la contraction concentrique bilatérale et conjointe des muscles erctor spinae, longissimus du cou, épineux du cou, splénius et memi-épineux de la tête qui la provoque. Il est à noter qu'à partir d'un certain angle d'extension, la tension sur les muscles antagonistes (sterno-céphaliques et long de la tête) aura tendance à fléchir la nuque.
Figure 19 : Extension cervicale basse = cervico-thoracique
- L'extension cervico-céphalique ou cervicale haute concerne la charnière atlanto-occipitale :
Figure 20 : Extension cerviale haute = cervico-céphalique
Comme nous allons le voir, la position de l'encolure n'est pas anodine et a des répercussions sur tout l'organisme du cheval.
d) Influence de la position de l'encolure
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Lorsque l'encolure est en flexion, le ligament nucal est sous tension. Cela se répercute au ligament supra-épineux. Le ligament supra-épineux sous tension étant un peu élastique, provoque une légère flexion thoracique (maximale entre Th6 et Th10) et l'écartement des processus épineux thoraciques et le rapprochement des corps vertébraux thoraciques. La rigidité lombaire propre est augmentée mais ne semble pas modifier la mobilité de l'articulation lombo-sacrée. Le centre de gravité du cheval est déplacé vers l'avant : il y a surcharge des membres thoraciques et allègement de l'arrière-main ce qui facilite l'action des membres postérieurs.
L'extension d'encolure provoque un relâchement du ligament nucal et don du ligament supra-épineux. Le pont thoraco-lombaire est lui aussi relâché et peut être en extension. Les processus épineux des vertèbres thoraciques se rapprochent (favorise les chevauchements) et leurs corps s'écartent.
Le centre de gravité du cheval est reporté vers l'arrière-main qui est alors alourdie : l'action des membres thoraciques est facilitée.
e) Mouvement de latéroflexion et de rotation cervicale
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Au niveau de la colonne cervicale ces deux mouvements ne peuvent être dissociés.
Ces mouvements sont surtout importants en région nucale et cervicale basse. Leur amplitude est maximale entre C5 et Th1.
- Au niveau de la nuque : la rotation de la tête par rapport au cou est presque exclusivement le fait de l'articulation atlanto-axiale. La tête et C1 tournent autor de l'axe longitudinal constitué par la dent de l'axis. La latéralement gauche ou droite de la tête a lieu au niveau de l'articulation atlanto-occipitale.
- Entre C2 et C7 : les mouvements de latéroflexion sont accompagnés de rotation des vertèbres. Le maximum d'amplitude pour ces mouvements a lieu au niveau de la jonction cervico-thoracique, plus particulièrement C6-C7 et C7-Th1 (les principaux muscles agents de la latéralement et de la rotation de ce segment sont représentés sur les figures 21 et 22).
Figure 21 : Latéro-flexion cervicale
f) Au cours de la locomotion
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Des études EMG démontrent que :
- Les muscles fléchisseurs du cou (sterno et brachio-céphaliques) interviennent surtout lors de la phase du relever de l'encolure et contrôlent l'amplitude du mouvement (contraction excentrique).
- Ces mêmes muscles sont actifs unilatéralement (ex : le m. brachio-céphalique) lors de mouvement d'inflexion latérale du cou, accompagnant la locomotion. Par exemple, lorsque le membre antérieur gauche est à l'appui, l'encolure est en latéro-flexion gauche (bout du nez à gauche). Le muscle brachio-céphalique du côté opposé à l'inflexion est actif de façon à fixer la tête et permettre l'action de son action lors de l'embrassée du terrain du membre thoracique ipsi-latéral au soutien.
- Enfin, les muscles cervicaux extenseurs, de par leur action anti-gravitationnelle, sont les plus actifs. L'abaissement de l'encolure correspond en fait à une diminution contrôlée de leur activité.
2) Cinésiologie du pont thoraco-lombaire
a) Généralités
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Le pont thoraco-lombaire présente trois zones de mobilité maximale :
- la charnière cervico-thoracique
- la chanière thoraco-lombaire
- la chanière lombo-sacrée
Le segment lombaire par lui même est très peu mobile car les processus épineux des vertèbres sont larges et proches, les disques intervertébraux sont minces et fibreux. Le ligament supra-épineux et le ligament longitudinal ventral est épais et fibreux. Cette rigidité lombaire est compensée par la mobilité de la jonction lombo-sacrée.
b) Mouvement dans le plan sagittal : flexion et extension thoraco-lombaire
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Ce sont les mouvements dominants de la colonne vertébrale de tout quadrupède. Chez le cheval, ces mouvements atteignent leur maximum d'amplitude au niveau de la charnière lombo-sacrale.
La charnière thoraco-lombaire est moins mobile en extension (aspect des processus articulaires, processus articulaires très proches). De même, la zone centrée sur la vertèbre anticlinale est très peu mobile en extension.
La flexion thoraco-lombaire est un facteur déterminant dans la qualité de l'engagement des postérieurs. Il suppose une bonne mobilité et souplesses des charnières thoraco-lombaire et surtout lombo-sacrée. Cette flexion fait intervenir les muscles lombo-iliaques (petits et grands psoas, carré des lombes) et la musculature abdominale.
Mais l'agent le plus direct de l'engagement des postérieurs, fléchisseur de la hanche et de la charnière lombo-sacrée et thoraco-lombaire, est le muscle ilopsoas. Les flexions thoraco-lombaires (surtout entre Th17 et L2) et lombo-sacrées sont obtenues par contraction des muscles droits et obliques interne de l'abdomen, tendus entre le sternum et le pubis. Ils constituent la paroi latéro-ventrale de l'abdomen.
Le muscle droit de l'abdomen est surtout actif dans les allures ayant un temps de suspension (galop) où il lutte contre la pression des viscères abdominaux.
Le ligament longitudinal ventral est relâché. La mise sous tension du ligament supra-épineux engendre l'écartement des processus épineux.
Le foramen intervertébral a tendance à s'agrandir et les surfaces articulaires dorsales voient leur surface de contact diminuer.
Figure 23 : flexion thoraco-lombaire et lombo-sacrée
Les mouvements d'extensions thoraco-lombaires concourent à la détente et à la propulsion du corps. Elle fait suite :
- à la contraction des différentes parties du muscle erector spinae (muscles longissimus, épineux et ilio-costal)
- à la contraction du muscle fessier moen, qui a la particularité chez le cheval de s'insérer, au-delà de l'ilium, sur le fascia thoraco-lombaire (voir figure 23)
Le ligament supra épineux, son prolongement nucal, ainsi que les insertions du muscle erector spinae à la base du cou, confèrent à la colonne vertébrale un véritable caractère de chaîne. Ils assurent la synchronisation des mouvements du cou avec ceux du pont thoraco-lombaire.
c) Mouvements de latéroflexion et de rotation
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Tout comme au niveau cervical les mouvements de latéroflexion et rotation sont souvent indissociables au niveau du tronc.
Ces mouvements ont une amplitude maximal au milieu du pont thoraco-lombaire, entre Th9 et Th14. Ceci s'explique par l'aspect des surfaces des processus articulaires et par l'élasticité du thorax dans cette région.
Par contre en région thoraco-lombaire et lombaire, les mouvements de latéro-flexion et de rotation sont très réduits voir inexistants entre L4 et L6. La rigidité du ligament supra-épineux et longitudinal ventral, l'imbrication profonde et la grande cohésion des vertèbres expliquent cette mobilité réduite.
Ces mouvements sont permis :
- par la contraction unilatérale de l'erector spinae (longissimus et ilio-costal surtout)
- par les petits muscles juxta-vertébraux multifides
- par les muscles obliques externe et interne, en contraction homo-latérale (latéralement) ou contro-latérale (rotation).
Cette musculature est particulièrement sollicitée au cours du trot et des déplacements latéraux.
De l'étude précédente ressort une notion primordiale en locomotion équine : la notion de chaines musculaires, ligne du "dessus" et ligne du "dessous".
B. Notion de chaînes musculaires chez le cheval
1) Généralités
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On discerne une chaîne musculaire ventrale ou ligne du dessous et une chaîne musculaire dorsale ou ligne du dessus.
La chaîne musculaire dorsale se compose des muscles suivants :
- les muscles cervicaux dorsaux, extenseurs de la charnière cervico-thoracique
- les muscles erector spinae, extenseurs des jonctions cervico-thoracique, thoraco-lombaire et lombo-sacrée
- les muscles fessiers moyens, extenseurs de la charnèire lombo-sacrée
La chaîne musculaire ventrale se compose des muscles suivants :
- les muscles de l'ancrage sternal
- les muscles abdominaux et psoas, fléchisseurs du pont thoraco-lombaire et de la charnière lombo-sacrée.
La liaison entre la ligne du dessus et du dessous est assurée par les muscles bi-articulaires de la détente : les muscles fémoraux caudaux et le quadriceps fémoral.
Ces deux chaînes musculaires s'organisent autour de trois points d'ancrages : l'ancrage céphalique, l'ancrage thoracique (garrot et sternum) et enfin l'ancrage du bassin.
Figure 24 : Représentation des chaînes musculaires ventrales et dorsales
2) Application
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Lorsque la ligne du dessus est en extension, cela signifie que :
- l'encolure est en extension, le cheval est alors dit "au-dessus de la main"
- les charnières thoraco-lombaires, lombo-sacrales, l'articulation de la hanche, tout le pont thoraco-lombaire est en extension. Ceci est l'attitude qui facilite la propulsion, la détente du tronc et de tout le cheval, par exemple lors de la phase de détente du saut.
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Figure 25 : Extension de la ligne du dessus
Lorsque la ligne du dessus est en flexion (position de la décontraction), cela signifie que :
- l'encolure est en flexion , le cheval est alors dit "sur la main" ou encapuchonné si cette flexion est excessive.
- les charnières thoraco-lombaire et lombo-sacrée, l'articulation de la hanche, tout le pont thoraco-lombaire est fléchi
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Figure 26 : flexion de la ligne du dessus
C'est l'attitude qui facilite l'engagement des postérieurs, la préparation de la détente à l'obstacle par exemple, lors de la battue des postérieurs.
Cette flexion de la ligne du dessous facilite l'élévation de l'avant-main, d'où l'importance de renforcer la ligne abdominale. Ainsi un adage résume bien ce qui vient d'être dit : " pas d'abdominaux, pas de dos".
La ligne du dessus est celle du cheval contracté, stressé, sur la défensive, qui refuse le mors.
La ligne du dessous est a ligne de la décontraction, du relâchement.
Tous ces mécanismes sont à mettre en relation avec la répartition du poids du cheval. Ses membres antérieurs portent 60 à 65% de son poids, ce sont les membres du rétablissement de l'équilibre. Les membres postérieurs sont eux des membres propulseurs, ils se ploient "comme des ressorts" et propulsent le cheval vers l'avant et vers le haut.
L'encolure elle, se comporte comme un balancier équilibrant. Enfin, le pont thoraco-lombaire est la liaison qui transmet l'impulsion de l'arrière-main à l'avant-main.
Il convient enfin, de souligner l'importance de la répartition des masses :
- avec le maximum de poids possible sur l'avant-main, le cheval est dit sur les épaules, il abaisse son garrot, et a des allures rasantes et étendues. Une telle position favorise la vitesse et est observée chez les purs-sangs, galopeurs de courses.
- Avec une répartition égale des masses, le cheval est dit en équilibre. C'est l'attitude recherchée chez les chevaux de saut d'obstacles.
- Avec un poids plus grand sur l'arrière-main, le cheval est le plus souvent dans une attitude rassemblée (traces des postérieurs couvrant celles des antérieurs), relevée. Ceci est l'attitude recherchée chez les chevaux de dressage.
Plus un cheval aura le dos court plus ces mouvements seront aisés pour lui (chevaux espagnols, lusitaniens, quarter horse). Le cavalier doit tenter de ne pas intervenir sur cette répartition des masses : d'où l'importance d'une bonne position en selle, d'autant plus que les effets du cavaliers sur le centre de gravité du cheval ne peut être assimilé à celui d'un poids mort.
On note enfin que c'est au trot et au pas que les variations du centre de gravité sont les moins importantes.
Comme nous le verrons plus tard, certains enrênements seront contre-indiqués lors de certaines allures, c'est pourquoi, il serait intéressant ici d'aborder les grandes lignes des mouvements vertébraux au cours de la locomotion.
C. Mouvements vertébraux au cours de la locomotion
Dans la locomotion quadrupédale, les mouvements de la colonne vertébrale sont déterminants (du moins de façon plus évidente que chez l'homme).
Quelle que soit l'allure, elle implique la coexistence de flexion, extension, rotation et latéroflexion
1) Le galop
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Contrairement au trot, pendant le galop, ce sont les mouvement de flexion et extension du pont thoraco-lombaire qui dominent.
La galop est une allure dissymétrique, sautée et à trois temps avec une période de suspension. Les mouvements du balancier cervico-céphalique sont déterminants.
Exemple d'ordre de poser des membres : PG, AG-PD, AD, suspension
a) le temps de la propulsion
Lors du temps de propulsion, un diagonal est à l'appui. L'encolure s'abaisse de façon passive (action de son poids et de l'inertie) et de façon active par contraction concentrique des muscles cervicaux ventraux.
Cet abaissement de l'encolure provoque une mise sous tension du ligament nucal et supra-épineux : les corps vertébraux se tassent. Ceci favorise la transition de la propulsion, grâce à l'action des muscles de la détente du pont thoraco-lombaire (erector spinae, fessiers).
La ligne du dessus = chaîne dorsale, est contractée.
b) La préparation du temps de suspension
Ce sont les mouvements inverses : l'encolure se redresse sous l'action des muscles cervicaux dorsaux. Les ligaments nucal et supra-épineux se relâchent ce qui libère le pont thoraco-lombaire et favorise la flexion (= engagement des postérieurs). La contraction concentrique bilatérale des muscles droits et obliques de l'abdomen, ainsi que des psoas, provoque la flexion du pont thoraco-lombaire et de la jonction lombo-sacrale. Cela aboutit à l'engagement des deux postérieurs.
c) Le temps de suspension
Lors du temps de suspension, aucun membre n'est à l'appui.
Les actions de la phase précédente atteignent un maximum d'intensité pour permettre le placer du pied le plus loin possible sous le corps de l'animal. L'action du muscle droit de l'abdomen est importante pour lutter contre la traction des viscères abdominaux sur la colonne vertébrale.
Lors des deux derniers temps décrits, la ligne du dessous = chaîne ventrale, est contractée.
2) Le trot
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Le trot est une allure "sautée", à deux temps égaux, où se posent successivement les membres, deux par deux, en "diagonal" (AD/PG, AG/PD). Les mouvements qui dominent dans cette allure sont les mouvements de latéroflexion et rotation du pont vertébral thoracique, les mouvements de flexion et extension sont réduits.
a) Les mouvements de rotation du pont thoraco-lombaire
Lors de la première moitié du soitien du diagonal droit (par exemple) PG/AD :
- Le thorax, sous l'effet de la gravité a tendance à basculer vers la droite (du côté du membre au soutien = AD). Ceci est contrôlé par la contraction excentrique des muscles trapèze, rhomboïde, grand dorsal du côté opposé.
- Le bassin aura tendance à basculer du côté du PG (donc du côté inverse). Ce mouvement est contrôlé par les muscles fessiers et fémoraux caudaux du côté opposé.
Lors de la deuxième moitié du soutien du diagonal droit (embrassée) :
- Au niveau du thorax : pour favoriser l'embrassée du terrain, on assisite à une rotation active cette fois du thorax dans le sens opposé (vers la gauche), permettant de "soulever" l'épaule. Cette action est permise par l'action des muscles, cités plus haut, mais qui se contractent de façon concentrique.
- Au niveau du bassin, la bascule dans le sens opposé, permet de "soulever" la hanche et d'augmenter l'amplitude de la foulée. Ceci est permis par la contraction concentrique des fessiers et des muscles fémoraux caudaux du côté opposé.
Au trot le cheval "ondule" : c'est une succession de torsion de l'avant-main par rapport à l'arrière-main avec latéroflexion du côté de l'antérieur à l'appui. Th9 à Th14 est la zone particulièrement sollicitée.
b) Les mouvements de latéroflexion du pont thoraco-lombaire
Le tronc décrit des mouvements de latéroflexion, tel que la concavité due à la courbure se situe du côté de l'antérieur à l'appui.
Ces mouvements font intervenir de façon unilatérale le muscle erector spinae, multifide et obliques de l'abdomen.
En définitive, les suites de mouvements de latéroflexion et de rotation sollicitent particulièrement la zone Th9-Th14 en torsion à cause des mouvements entre le bassin et le thorax.
3) Le pas
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Le pas est une allure marchée à quatre temps égaux, symétriques, basculée. Sa mécanique est très complexe car c'est une combinaison de mouvements dans les trois plans de l'espace.
Le cheval a toujours trois membres à l'appui et soulève successivement les membres : PD-AD-PG-AG.
L'encolure effectue de légers mouvements de balancier (s'abaisse du côté du membre à l'appui) ce qui favorise l'embrassée du terrain. Un cheval boiteux d'un membre antérieur aura tendance à accentuer son mouvement de balancier au posé du membre sain et à se retenir au posé du membre atteint.
Partie 2 : Les mors
I. Généralités sur les mors
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Le mors se compose d'un canon qui peut être droite (une seule pièce) ou brisé (deux ou trois pièces), il repose sur la langue dans la bouche du cheval. Aux extrémités du canon sont reliés un ou plusieurs anneaux sur lesquels se fixent les montants de filet et les rênes.
Figure 28 : Les différentes parties d'un mors
Le mors maintenu par les montants de filet (harnais permettant le soutien du mors), est relié à la main du cavalier par l'intermédiaire des rênes.
Le filet se compose :
- des montants de filet sur lesquels on fixe le mors
- de la muserole (qui peut être française, allemande ou croisée) et des montants de muserolle
- du frontal
- de la têtière
- de la sous-gorge (si son réglage est correct, on doit pouvoir passer le poing entre elle est la gorge)
- des rênes qui sont le lien entre le mors et la main du cavalier
- d'une gourmette, présente seulement sur certains mors. C'est une chaînette passant contre la barbe du cheval et maintenant le canon du mors.
Figure 29 : Les différents constituants du filet
Avant tout chox de mors, on doit soigneusement examiner la bouche du cheval. Cette inspection peut mettre en évidence des particularités de conforation de la langue ou du palais, voir des problèmes dentaires. Ceci conditionne le choix de l'embouchure comme nous le verrons plus tard.
On doit ensuite définir la taille de mors du cheval, qui correspond à la largeur de sa bouche. La taille du mors correspond à l'espacement entre les anneaux du mors. On peut s'aider des tableaux de correspondance taille de mors/corpulence du cheval. Un mors est correctement ajusté s'il dépasse de 5 mm de chaque côté de la bouche.
| Taille | Poneys |
Chevaux |
| 105 mm |
A,B ou C à tête fine |
|
| 115 mm |
Chevaux à tête fine (pur-sang arabe ou anglo-arabe), cheavaux de moins de 1.60m |
|
| 125 mm |
Poneys à grosse tête |
Chevaux de moins de 1.65m |
| 135 mm |
1.65 m < chevaux < 1.75 m | |
| 145 mm |
Grands chevaux ou à tête forte | |
| 155 - 160 - 165 mm |
Chevaux de trait |
Aujourd'hui, il existe ue grande varité de mors que l'on peut classer en deux catégories :
- les mors agissant sur les commissures des lèvres, sans gourmette que l'on appelle les mors de filet
- les mors avec gourmette qui agissent sur les barres
II. Les neufs points d'application des mors
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Quelque soit le mors employé, lorsque l'on agit dessus on agit aussi sur les huit points suivants.
A. Points d'application du mors dans la bouche
- La langue, selon son épaisseur, est plus ou moins comprimée par les canons du mors.
- Les barres, espaces sans dent, situés entre les incisives et les prémolaires sur les mandibules.
- La voûte du palais : le mort articulé peut se recourber et remonter contre le palais. Le mors peut aussi s'appliquer contre le palais si la langue est épaisse ou le palais bas.
B. Points d'application du mors à l'extérieur de la bouche
- Lors d'une action sur le mors, les commissures des lèvres sont comprimées par les canons du mors.
- Mise sous tension, la muserolle du filet agit alors sur les ganaches, l'auge et le chanfrein. Elle limite, voir empêche, l'ouverture de la bouche du cheval.
- Toute action sur le mors se traduirait par une pression de la têtière sur la nuque.
- Enfin le frontal peut prendre appui sur le front
III. Les différents matériaux utilisé
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Au cours du temps, différents matériaux seront utilisés dans la manufacture des mors, de façon à les rendre plus résisitants, mais aussi d'obtenir différents "effets". Nous présentons les plus utilisés actuellement.
- L'acier ordinaire : il s'oxyde très rapidement et est bien souvent recouvert de chrome, nickel ou cadmium. Les mors en acier sont plutôt bas de gamme.
- L'acier inoxydable : les mors les plus résistants à l'oxydation sont les mors dont l'alliage comporte de l'acier, du chrome, du nickel, voire du molybdène.
- Le cuivre : il n'est pas utilisé seul, mais en alliage. Des mors ayant du cuivre comme seul composant seraient dangereux car trop fragiles. Son principal intérêt est la réaction électrolytique avec libération d'ions qu'il produit au contact de la salive. Cela provoque des picotements et a un effet décontractant en faisant saliver le cheval. Le mors en cuivre le plus connu est en fait un alliage de nickel, zinc et cuivre en plus grande quantité, appelé ARCAP.
- Le bronze d'aluminium : c'est un alliage de cuivre d'aluminium, les mors faits de cette manière sont souvent recouverts de chrome.
- Le maillechort : alliage complexe, principalement de cuivre, nickel, zinc et aussi de plomb. Il contient de manganèse et de l'étain en plus faible concentration. Le présence de cuivre augmente la salivation du cheval et en facilite la décontraction.
- Le cyprium 90 : alliage contenant 86 à 90 % de cuivre, 8 à 12 % d'aluminium et 3 % de fer, exclusivement. Son contact serait plus chaud que celui des mors en acier et il est beaucoup plus résistant que le cuivre seul.
- Le laiton : alliage principalement composé de cuivre et de nickel, souvent recouvert d'une couche de nickel. Les mors en laiton ont un intérêt uniquement esthétique, assortis à la bouclerie du filet.
- Le caoutchouc dur : une tige de métal est recouverte de caoutchouc dur ne pouvant pas être mâché par le cheval. Les mors en caoutchouc sont réputés plus doux que les mors en métaux. Ils sont utilisés avec les chevaux qui redoutent le contact de l'acier ou qui y seraient allergiques.
- Le cuir : il est souvent utilisé pour recouvrir les mors en métal de façon à en adoucir le contact et à en favoriser le mâchonnement.
- Les résines synthétiques : elles sont aussi utilisées pour leur action plus souple sur la bouche du cheval. Certaines sont parfumées afin de faciliter le mâchonnement et l'appui franc.
La plupart des mors existe bien souvent en différents matériaux. L'intérêt réside dans la combiaison de l'effet particulier d'un mors à celui d'une mantière.
Dans ce qui suit, nous ne présenterons que les embouchures couramment utilisées en équitation classique et n'aborderons donc pas les mors particuliers de course, d'attelage ou d'équitation western.
IV. Les mors de filet
Les mors de filet sont des mors simples qui agissent sur la commissure des lèvres lors d'une action de main douce. Ils sont correctement ajustés qu'ils sont au contact des commissures sans les comprimer. Celles-ci doivent former au maximum deux plis.
Ces mors sont dits "releveurs" de la tête et de l'encolure du cheval, si les mains du cavaler restent "au-dessus" de la bouche du cheval.
Les mors de filet peuvent être utilisés seuls ou avec des rondelles de caoutchouc placées entre les anneaux et les commissures des lèvres. Elles encadrent la bouche du cheval et empêchent les pincements de la peau des commissure.
A. Les mors à deux anneaux
1) Le mors simple brisé
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Figure 30 : Mors brisés simple
Les anneaux de ce mors peuvent coulisser dans les canons, ce qui en ferait une ambouchure peu précise Ce mors peut exister à canon creux, ce qui l'allège, mais le fragilise aussi. Il peut alors se briser. C'est ce type de mors qui, avec des canons très fins, sert de mors de filet dans les brides.
Une variété de ces mors simples sont creux, avec des canons percés permettant l'administration de médicaments par les côtés des canons.
2) Le mors brisé à olives ou chantilly
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Figure 31 : mors à olives
Ces mors généralement creux ont les canons reliés aux anneaux du mors par des extensions arrondies du canon (= les olives). Les anneaux ne peuvent pas coulisser, ce qui limite les pincements des commissures et donnerait à l'action de main un effet plus direct.
Ces mors existent aussi en caoutchouc, ils sont très utilisés avec les jeunes chevaux montés, après le débourrage à la longe sous mors droit en caoutchouc.
Les canons peuvent être torsadés, leurs angles saillants plus ou moins agressifs renforcent alors l'action du mors pour des chevaux peu sensibles.
3) Le mors droit
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Figure 32 : Mors droit
Le canon de ce mors droit d'une seule pièce, est le plus souvent de gros diamètre et cintré, ce qui diminue sa pression sur la langue. La douceur de son action est améliorée quand le canon est en caoutchouc ou en résine.
Ces mors sont réputés imprécis.
Ils sont souvent utilisés au débourrage à la longe des jeunes chevaux, ils sont alors agrémentés de rondelles qui leur évitent de "sortir de la bouche" et la longe est fixée aux deux anneaux.
4) Le mors Verdun
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Figure 34 : Mors Verdun
Ce mors est caractérisé par ses anneaux en forme de D. Sur ces anneaux, des passes peuvent être disposées, qui maintiennenent les montant de filet en place. Les parties droites du D encadrent la bouche du cheval et procurent un léger bras de levier qui renforcerait l'action du mors.
Les quatre types de mors précédemment cités sont d'utilisation simple et sont les plus couramment utilisés.
5) Le mors à double brisure
6) Le mors à double canon
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Figure 36 : Mors à double canon
Ce mors répartirait mieux les pressions sur les commissures des lèvres mais serait du même coup peur précis. Il serait conseillé pour les chevaux à bouche dure. Il aurait cependant un effet pervers : le double canon étend la zone d'action du mors, ce qui provoquerait une sorte de phénomène d'habitation et de diminution de la sensibilité de la bouche.
7) Le mors à palettes
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Figure 37 : Mors à palettes
La palette est une forme de métal placée sur la brisure du mors et qui aplatit la langue. Elle a pour rôle d'empêcher le passage de la langue du cheval au dessus du mors. On doit particulièrement bien ajuster la muserolle lors de l'emploi d'une telle embouchure, afin que le cheval ne puisse pas ouvrir la bouche.
8) Le mors à aiguille
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Figure 38 : Mors à aiguilles
Ce mors a une action similaire au mors brisé à olive.
Les anneaux se terminent par des aiguiles elles-mêmes terminées par des boules. Ces mors existent brisés ou droits.
Les aiguilles ont pour but de maintenir le mors dans la bouche des chevaux peu familiarisé aux aides, comme les jeunes chevaux, ou qui ont du mal à tourner comme les chevaux plus âgés manquant de souplesse latérale.
Il est vivement conseillé d'utiliser des passants attachant les aiguilles aux montants du filet, ce qui éviter des blessures, surtout du cavalier, quand le cheval se frotte à lui ou lors d'une chute.
9) Le mors en cuivre et/ou à jouets
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Figure 39 : Mors en cuivre et/ou à jouets
Ces mors, par l'effet électrolytique du cuivre dans la bouche du cheval, provoquent des picotements qui font saliver le cheval et facilitent sa décontraction. Les jouets, qui peuvent aussi être sur le mors, poussent le cheval à mâcher son mors. Le cavalier doit par contre savoir arrêter cette décontraction. Sinon, il subira les effets secondaires de cette embouchure : les picottements augmentent, le cheval s'énerve ou mâchonne trop son mors et perd tout fixité. Il est donc conseillé d'utiliser ce genre de mors en alternance avec une embouchure normale.
10) Le mors à spatule
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Figure 40 : Mors à demi-spatule
On distingue deux sortes de mors à spatule :
- le mors à demi-spatule : il canalise la mâchoire inférieure et évite le basculement latéral de la tête
- le mors à double-spatule : il a le même effet que le mors à aiguille, mais les spatules plus larges et plates, répartissent mieux les pressions. Leur action serait donc moins douloureuse
B. Les mors à plusieurs anneaux
1) Le mors à 4 anneaux
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Figure 41 : Mors à quatre anneaux
La rêne et le montant de filet ipsilatéral ne sont pas fixés sur le même anneau mais sur deux anneaux perpendiculaires. Le canon du mors bouge librement dans les anneaux fixés aux montants de filet. Ce mors d'action peu précise est considéré comme étant décontractant car il bouge dans la bouche du cheval.
Surtout utilisé en attelage, il serait un mors sévère, car l'action de main se répercute directemen sur le canon du mors.
2) Le mors Baucher
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Figure 42 : Mors Baucher brisé
Ce mors, qui porte le nom de son inventeur (XIXème siècle) comporte un anneau sur lequel se fixe le ontant de filet (anneau du haut) et un anneau sur lequel se fixe la rêne (anneau du bas). Il existe avec anneaux coulissants ou olives.
Ce mors a une action plus autoritaire que les filets simples. Il a été mis au point pour favoriser la flexion de nuqueet facilite son basculement. Il a aussi un effet releveur.
On dot faire particulièrement attention à utiliser ce mors sur des chevaux avec une très bonne impulsion car il "freine" énormément.
3) Le mors pessoa
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Figure 43 : Mors pessoa
Ce mors existe avec trois ou quatre anneaux. Plus on fixe les rênes sur les anneaux du bas, plus le cheval est redressé et reporte son poids sur l'arrière-main. Plus le canon est fin, plus l'effet obtenu est sévère. Cela rééquilibre les chevaux qui tirent vers le bas, qui sont sur les épaules.
On peut utiliser ce mors avec une ou deux paires de rênes, ou une paire de rênes sur une alliance. Avec une alliance, l'action du mors est plus douce mais moins précise. La puissance du mors dépend donc de l'anneau utilisé et de la taille du canon.
Les anneaux du mors pouvant coulisser dans les canons, les actions de main du cavalier, amplifiées par le bras de levier, doivent être bilatérales, sinon, on obtient un effet de rotation de la tête.
Ce type de mors, dur, doit être mis dans des mains expérimentées, et doit être utilisé ponctuellement lors de séances de travail à la maison.
4) Le mors releveur ou gag
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Figure 44 : Mors releveur
Les canons se terminent chacun par un anneau, lui-même contenant deux anneaux par lesquels passent des montants de filet spéciaux. Les montants de filets sont eux-mêmes directement reliés aux rênes. Ce mors a un effet releveur fort, il agit directement sur la nuque et évite l'encapuchonnement en reportant le poids sur l'arrière-main. Ce mors est conseillé pour les chevaux ayant un mauvais équilibre, sur les épaules.
Mais dans ce cas, le mors releveur n'est pas forcément la meilleure solution : un cheval ayant un mauvais équilibre pouvant être un cheval ayant mal au dos. De plus, si le cheval compte uniquement sur l'action du cavalier et du mors pour se rééquilibrer, cette embouchure est alors dangereuse, le cheval ne se prenant plus en main. Le cavalier devra agir par des actions de mains courtes et ponctuelles.
On peut utiliser ce mors avec une ou deux paires de rênes, ou une alliance.
5) Le chiffney
C. Le concept des mors "Robart Pinchless"
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Ce type de mors est en cours de brevet. Les anneaux sont reliés par des branches fines formant une brisure. Sur chaque branche, les canons sont des cylindres pouvant tourner autour de ces branches. Ceci permettrait une meilleur dissociation des actions de main.
V. Les mors à gourmette
A. Qu'est ce qu'une gourmette
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Les celtes qui auraient introduit la ferrure en Gaule seraient aussi les inventeurs de la gourmette.
La gourmette est une chaînette passant de part et d'autre de la bouche du cheval, par la barbe. Elle est fixée au mors par de petits crochets. Elle est utilisée comme point d'appui (sur la barbe) de certains mors à levier (= à branches longues) et assure une action de ces mors sur les barres.
Afin de mieux répartir l'appui de la gourmette sur la barbe et de le rendre moins douloureux, on peut utiliser un protège-gourmette : une plaque de cuir, alpha-gel ou de caoutchouc que l'on place entre la gourmette et la barbe du cheval.
Figure 46 : Un mors de bride, gourmette en place
B. Les mors de bride
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1) La bride
C'est un harnais spécial, portant à la fois un mors de filet simple et un mors de bride. Le mors de bride agit, lui sur les barres et la langue. Il permet d'obtenir la cession de mâchoire en plus de la cession de nuque. Le mors de bride a un effait abaisseur de la tête et de l'encolure.
Lorsque l'on monte en bride, on utilisera toujours deux paires de rênes, il convient donc d'avoir assez de doigté afin de pouvoir jouer avec les différents mors en fonction de l'attitude du cheval durant son travail. Le cavalier ne doit pas avoir d'action de main intempestive.
Réglage : dans tous les cas, le mors de bride doit reposer sur les barres. Chez le mâle, on le placera un à deux travers de doigt en arrière des canines. Chez les femelles, on le placera trois travers de doigt en arrière des incisives.
Figure 47 : Bride complète destructurée et en place
2) Le mors Lhotte
Figure 48 : Mors Lhotte
Inventé par le général Lhotte (1825-1904), c'est un mors de bride, droit, pouvant être cintré avec un passage de langue.
Le passage de langue est une surélévation du canon du mors en son centre et laissant plus de place à la langue. Ainsi, ce montage permet de diminuer la pression sur la langue.
3) Le mors à pompe
Figure 49 : Mors à pompe
Voisin du mors Lhotte, il diffère par le fait que son canon peut légèrement coulisser sur les branches du mors. Ceci permet, une meilleure décontraction et diminue la pression appliquée sur la langue. On peut encore soulager la langue en utilisant un mors à pompe à passage de langue.
La gourmette est réglée de façon à pouvoir passer deux doigts entre elle et la barbe du cheval. Elle doit permettre un angle de 45° entre les branches du mors et la bouche du cheval.
C. Le mors Pelham
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Figure 50 : Mors Pelham brisé, avec canons recouverts de caoutchouc.
Ce mors existe en droite ou brisé, ce dernier étant le plus utilisé. Ce mors combine à lui seul les effets des mors de bride et des mors de filet. Ses montants possèdent deux anneaux chacun. On peut donc fixer une rêne sur chaque anneau ou se servir d'une alliance elle même reliée à une seule paire de rêne. Il est rare de ne fixer qu'une rêne sur l'anneau du bas, ce qui serait trop dur.
Son action est théoriquement plus précise avec deux paires de rênes. En agissant sur la rêne supérieure, on a un effet releveur. En agissant sur la rêne du bas, on obtient un abaissement de la tête. Tout comme dans la bride. Par son action, on obtient un placer haut, d'autorité.
L'alliance de rêne en facilite l'utilisation, le cavalier n'ayant alors qu'une rêne dans chaque main, mais sont action est alors moins précise car non dissociée.
Très autoritaire, le Pelham est souvent utilisé par des cavaliers débordés par leur monture. Son effet freinateur le destine à des montures qui ont beaucoup d'impulsion. Pour adoucir son action, on peut utiliser un Pelham en caoutchouc ou à double brisure.
D. Le mors espagnol ou Goyo Aga
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Figure 51 : Mors espagnol, présenté sans gourmette
Ce mors s'emploi seul, avec une gourmette.
Surtout utilisé en équitation Ibérique, les anneaux du mors espagnol présente des passes qui permettent de fixer les rênes.
Comme le précédent, il combine les propriétés des mors de bride et de filet. De par sa forme, il procure un léger bras de levier pour le cavalier. Cet effet peut être accentué si les rênes sont fixées sur les passes inférieures de l'anneau.
Ce mors est également proposé avec passage de langue, ce qui le rend plus doux.
E. Le Hackamore
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Figure 52 : Hackamore
Ce n'est pas à proprement parler une embouchure ni un mors puisque le cheval n'a rien dans la bouche. C'est en fait une muserolle, réglée basse, en appui sur le chanfrein. Les rênes sont fixées sur des anneaux, au bout de bras de levier eux-mêmes fixés à la muserolle.
La force de l'effet obtenu dépend de deux critères :
- la largeur de la muserolle : plus elle est fine plus l'effet obtenu est sévère
- la longueur des bras de levier qui démultiplie la force du cavalier.
Ce harnachement, que l'on ne s'y trompe pas, est extrêmement sévère, et serait de plus en plus utilisé en CSO pour cette raison.
VI. Analyse mécanique de l'action des mors
A. L'action des mors de filet
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Il est communément admis que les mors de filet agissent sur les commissures des lèvres, les barres mandibulaires, la langue et le palais.
Le but de cette étude est d'essayer de décomposer leur mode d'action (même si cela se passe simultanément en réalité) et d'analyser où cette action se porte réellement dans la bouche du cheval. Nous considérerons les réponses du mors à une action de main correcte du cavalier.
1) L'action des mors brisés à deux anneaux
Nous prendrons comme modèle d'étude les mors de filet brisés à deux anneaux car ce sont certainement les plus utilisés actuellement en équitation classique.
a) Analyse des forces appliquées aux mors
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Le canon du mors repose sur la langue et les barres, il est en contact avec les commissures des lèvres et, éventuellement, le palais.
Au repos, la canon est soumis :
- à son poid (g), dirigé vers le bas, du à la gravité
- à la réaction au point de contact avec les barres mandibulaires (r)
Le mors est en équilibre quand ces forces s'annulent : somme vectorielle g+r = 0. Le mors est alors fixe.
Figure 53 : Forces appliquées sur le canon du mors à l'équilibre
Quand le cavalier agit sur les rênes, il soumet le canon du mors à une force F orientée selon la direction des rênes. Si le cheval résiste, les muscles masséter et temporaux sont les agents de cette résistance : (re) est dirigée dorsalement peu éloignée de la perpendiculaire aux barres, parallèle aux fibres du muscle.
La résultante de ces effets correspond à l'effet réel de l'action du cavalier sur le mors : c'est la somme vectorielle de f et re (R = F+re).
Figure 54 : Résultante lors de l'action de main du cavalier
Considérant que la résistance musculaire est de direction constante, on peut penser que les variations de R vont directement dépendre de celles d'action de main du cavalier soit de F.
Cette résultante indique bien un effet releveur du mors sur l'encolure. Il est à noter que quand le cavalier agit sur sa rêne, le mors commence par reculer. Il fait alors reculer les commissures de lèvres aussi. Les montants de filet se détendent, ils n'ont plus aucune action. Une action sur un mors simple de filet ne semble pas avoir de répercussion sur la nuque.
Si le cheval cède dans sa bouche, la résistance des muscles masticateurs disparaît (r=0) et l'effet du mors est alors celui indiqué par le cavalier par l'intermédiaire des rênes (F = R). Le cavalier agit alors de façon très précise.
Lorsque le cheval résiste, bien souvent il essaie d'ouvrir la bouche. Une solution est d'utiliser une muserolle. Dans ce cas, une action sur le mors se traduit aussi par des points d'appui sur le chanfrein et sur les mandibules.
b) Variations de la précision d'action du mors selon l'anneau utilisé
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Les mors simples de filet peuvent exister avec des anneaux simples = coulissants ou à olives.
- Les mors à anneaux coulissants : lors de l'action de main du cavalier, l'anneau du mors commence par coulisser légèrement dans le canon avant de se stabiliser et de transmettre l'action réelle du cavalier. Il y a donc un petit temps de latence entre le moment où le cavalier demande, ou où l'action porte réellement. Les mors à anneaux coulissants sont donc moins précis. Ils comportent, entre autres, des risques de pincement de la peau des commissures lors du coulissement entre le canon et l'anneau.
- Les mors à olives, eux ne coulissent pas, il n'y a donc pas de temps de latence, l'action est plus directe, plus précise et les risques de pincements sont nuls.
Ceci est également applicable aux autres mors de filet.
c) Variation du lieu d'action du mors en fonction de l'action de main du cavalier
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Le cavalier peut avoir différentes actions de mains. Suivant la dureté de l'action souhaitée, le cavalier peut :
- Résister : c'est à dire fermer ses doigts sur les rênes. Quand le cheval veut avancer le bout de son nez ou prendre appui sur le mors le cavalier en fermant ses doigts sur les rênes augmente la force qu'il exerce, ce qui contraint le cheval qui butte alors sur le mors à en subir les effets.
- Monter les mains : ceci est l'action considérée comme idéale. Le cavalier commence par fermer ses doigts sur les rênes puis monter verticalement les mains de leur point d'origine (O) vers le point final, 10 à 15 cm plus haut (A). Le point M modélisant, le mors, le segment [OM] est plus court que le segment [AM]. Il s'exerce alors en premier lieu une force de traction sur le mors qui le fait reculer contre les commissures.
Figure 56
- Tirer sur ses rênes : même si ce mode d'action n'est pas admis en équitation classique. Ceci est souvent reproché aux débutants mais bien des cavaliers confirmés en usent.
Ensuite les actions de main peuvent être bilatérales, unilatérales, se rapprochant de l'encolure (rêne contraire) ou s'écartant de l'encolure (rêne directe).
- Action de main bilatérale (demande d'arrêt, par exemple) : le cavalier agit de façon égale sur ses deux rênes. Les commissures des lèvres entrent en contact avec le canon car le cheval "butte" dessus. Les deux paties du canon brisé s'écartent alors et l'angle formé par les deux brisures s'agrandit. L'appui du mors sur la langue augmente car la surface de contact et la force appliquée augmentent. Quand le cavalier cède (=arrête d'agit), le mors se détend et l'angle de la brisure se referme. Si cette détente se fait de façon brusque ou si le mors est trop grand, la brisure peut alors remonter contre le palais. Lors de toute action qui entraîne un recul du mors dans la bouche, celui-ci peut venir butter contre les prémolaires.
- Action de main unilatéral, rêne d'ouverture : le cavalier écarte sa main de l'encolure, le mors peut coulisser dans la bouche du cheval. La traction exercée par le cavalier tire une des brisures vers l'extérieur, ce qui, là aussi, ouvre l'angle formé par les brisures. Il y a donc augmentation de l'appui sur la langue et sur les barres du côté ou le cheval tourne.
- Action de main unilatérale, rêne d'appui : le cavalier rapproche sa main de l'encolure, en avant du garrot. Le canon du mors du côté ou le cavalier agit, recule contre les prémolaires inférieures ou supérieures selon l'intensité de l'action. L'angle de la brisure se referme. l'anneau du mors est alors en appui sur le plat de la joue qui se retrouve entre les anneaux, le canon du mors et les bords jugaux des dents.
Figure 54 : Réaction du mors suivant l'action de main du cavalier
d) Variations du lieu d'action du mors selon le placer du cheval
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- Si le cheval est monté avec légère extension de l'articulation atlanto-occipitale, on dit qu'il est monté avec le bout du nez en avant. Au repas, le mors repose alors sur les barres mandibulaires, la langue, est en contact avec les commissures des lèvres. Lorsque le cavalier agit sur la rêne, la résultante vectorielle indique alors une action vers le haut et quasi parallèle aux barres. Le mors n'agit donc pratiquement par sur les barres et la langue, les canons glissant dessus. Le mors agit majoritairement sur la commissure des lèvres.
On peut même penser que si l'action de main du cavalier se fait bien selon un axe vertical et vers le haut, le mors peut alors appuyer sur les barres maxillaires, il change alors complètement de lieu d'action.
Figure 55 : Lieu d'action du mors avec le cheval en extension de nuque
- Si le cheval est dit encauchonné (chanfrein très en arrière de la verticale), au repos, l'axe des rênes est alors pratiquement perpendiculaire aux barres. Lorsque le cavalier agit, la résultante vectorielle de l'action est orientée caudalement, se rapproche de l'axe des rênes et de la perpendicualire aux barres. Le mors est en contact avec les commissures, mais l'action se fait majoritairement sur la langue et les barres mandibulaires.
Le cavalier doit alors se méfier, plus il agit sur les rênes avec un cheval dans ce placer, plus il l'encapuchonne.
Figre 58 : Lieu d'action du mors sur cheval encapuchonné
- Si le cheval est dans un placer idéal dit "ramener", le mors agit selon un angle compris entre 0 et 45° sur les barres. Il agit donc de façon intermédiaire sur les commissures et les barres. Le mors a alors l'action la plus juste.
Figure 59 : Lieu d'action du mors sur le cheval avec placer dit "idéal"
2) Mode d'action des mors droits deux anneaux
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Les forces s'exerçant sur les mors droits sont exactement les mêmes que celles exercées sur un mors de filet brisé, de même que la résultante, selon le placer du cheval. Les différences liées au montage avec anneaux coulissants ou à olives sont les mêmes.
Nous allons donc directement nous intéresser aux variations d'applications selon l'action de main du cavalier.
Ce type de mors ne présentant pas de brisure, lors d'action du cavalier, il n'y a pas de variation d'angle du canon.
Lorsque le cavalier agit sur ses rênes de façon bilatérale, le contact du mors augmente avec la commissure et la pression exercée sur la langue et les abres mandibulaires augmente aussi. La pression exercée par un mors droit sur la langue est supérieure à celle exercée par un mors brisé. En effet, il est un peu plus confortable pour le cheval, les canons épousent mieux la forme de la langue. La latéralité des actions est aussi moins bonne, le canon étant d'une seule pièce, toute action se répercute sur tout le mors.
Lors d'action de main unilatérale, on peut tout d'abord faire sortir le mors de la bouche du cheval, d'où l'utilité des rondelles en caoutchouc. Du côté où la rêne agit, le canon se soulève ; la canon, droit, est alors en diagonale dans la bouche du cheval. Cela peut aller jusqu'à toucher la barre maxillaire ipslatérale ou pincer la lèvre entre la barre maxillaire et le canon. Le mors bascule dans la bouche du cheval, ce qui est un effet parasite et qui explique l'action moins précise de ses mors.
3) Mode d'action des mors de filet avec bras de levier
Nous allons en premier lieu nous intéresser au mors de filet PESSOA, très utilisé par les cavaliers actuellement, surtout CSO.
Ce mors est donc constitué d'un anneau central, d'un anneau supérieur sur lequel se fixent les montants de filet. D'un ou deux anneaux inférieures sur lesquels se fixent les rênes ou une deuxième paire de rêne en plus de l'anneau principale (effet moins dur et plus précis).
a) Etude l'action de main avec rêne fixée sur l'anneau principal
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Figure 59 : Action de main sur anneau central du mors Pessoa
Quand la rêne se tend et agit sur l'anneau central, tout comme un mors de filet simple à anneau coulissant, l'anneau coulisse dans le canon. Mais ce mors étant attaché aux montants de filet par son anneau supérieur, quand l'anneau de filet coulisse, l'anneau supérieur bascule alors vers l'avant. Une traction vers l'avant est alors exercée sur le montant du filet et une traction vers l'arrière est appliquée sur l'anneau de rêne. A l'action du mors sur la bouche du cheval se rajoute alors donc une action sur la nuque. C'est exactement l'effet obtenu avec le mors Bauche à anneaux coulissants.
L'action de main du cavalier sur ce genre de mors facilite voire provoque la flexion de nuque (C0/C1). Cette pression sur la nuque amène donc le cheval à fléchir l'articulation atlanto-occipitale (à condition qu'il soit habitué à ce type d'information). La sévérité de ces mors ne provient pas d'une action plus dure sur la bouche mais plutôt du renforcement de leur action par effet supplémentaire sur la nuque. Cela facilite l'obtention du ramener et rééquilibre les chevaux "sur les épaules".
Le bras de levier se situant ici entre l'anneau du mors et l'anneau de montant de filet, le point de basculement se situe entre ces deux points. Cela aboutit au soulèvement du canon vers la barre maxillaire. L'action du mors dans ce cas précis, se ferait donc plus sur les commissures et éventuellement les barres maxillaires.
Pour ce qui est du mors Baucher à Olive, comme présenté plus haut, on se rend compte que les anneaux sur lesquels se fixent les rênes sont légèrement en forme de D. Quand le cavalier agit, son action se porte sur la partie inférieure du D, l'anneau bascule vers l'avant et fait basculer le mors tout entier ainsi que l'anneau sur lequel se fixe le montant de filet. Cela entraîne donc aussi une traction sur le montant de filet et augmente les pressions sur la nuque.
b) Etude de l'action de main avec rêne fixée sur un anneau inférieur à l'anneau central
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Rappelons que cette action peut être couplée à une action sur l'anneau central.
La traction exercée sur l'anneau inférieur entraîne le coulissement de l'anneau central dans le canon du mors et donc le basculement de l'anneau supérieur vers l'avant.
Quand le montant de filet est tendu, l'anneau central ne coulisse plus, le mors tout entier pivote, le point de pivotement étant situé au niveau du canon du mors. Si le cavalier continue à excercer une traction sur sa rêne, les anneaux inférieurs continuent à pivoter vers l'arrière ainsi que les anneaux de montant de filet à pivoter vers l'avant : la tension et la pression appliquée en nuque augmentent, le mors se soulève de plus en plsu vers la barre maxillaire (pas de gourmette compensatrice) et la commissure des lèvres.
L'emploi de levier augmente donc la sévérité du mors, l'effet releveur, mais n'améliore pas du tout la cession de mâchoire.
c) Etude des variations d'effets obtenus selon l'action de main appliquée
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Si le cavalier agit bien de façon bilatérale, il peut obtenir l'effet souhaité : relever d'encolure et cession de nuque.
Figure 61 : Action de main unilatérale sur anneau inférieur d'un mors Pessoa
- Si le cavalier agit de façon unilatérale (rêne d'ouverture par exemple) : Le cavalier écarte sa main de l'encolure, la anneaux inférieurs basculent alors latéralement. L'anneau supérieur et l'anneau central eux, basculent médiatement, et appuient sur le plat de la joue. Le cheval est alors poussé à basculer son chanfrein parallèlement aux anneaux du mors, il y a donc rotation forcée de la nuque. Le cheval est dans une fausse atittude. Afin d'éviter cela, on doit toujours avoir une tension compensatrice sur la rêne controlatérale.
- Enfin, il semblerait que plus on fixe la rêne sur un anneau bas, plus la cession obtenue est basse : au début, la nuque cède, puis C2:C3, puis C3/C4... le cheval s'encapuchonne, la nuque n'est plus le point le plus haut et l'encolure est dite cassée à la 3e, 4e... vertèbre.
B. Action des mors à gourmette
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Nous nous intéresserons plus particulièrement aux mors de bride.
Il convient tout d'abord de rappeler que les mors de bride ne doivent pas être utilisés seuls.
Les actions de main du cavalier doivent aussi être bilatérales. SI l'action est unilatérale le mors bascle comme le ferait un mors droit, toutefois l'effet est limité par la gourmette.
Le mos est fixé aux montants de brides au bout d'un bras dit "supérieur". Les rênes de brides sont, elles, fixées au bout d'un bras dit "inférieur".
Les bras peuvent éventuellement coulisser verticalement dans le canon si le mors est à pompe, mais ils ne peuvent pas coulisser comme le ferait un anneau simple. Lorsque le cavalier agit sur les rênes, le contact entre le mors et les barres commence par augmenter. Le mors pivote autour du canon, le bras supérieur avance et le bras inférieur recule. La tension sur les montants de bride croît, ce qui augmente les pressions sur la nuque. La gourmette étant fixée aux bras supérieurs, lorsque ceux-ci avancent, elle se tend. La pression de la gourmette sur la barbe augmente alors et c'est ce qui maintient le mors en appui sur les barres mandibulaires et la langue.
La solution pour le cheval est alors de cesser de résister et de ramener son chanfrein à la verticale, tout en ayant une mandibule décontractée.
Cette cession de mâchoire est non seulement obtenue par l'action forte du mors par l'effet de bras de levier, mais aussi par stimulation de la sensibilité douloureuse, car les barres sont des régions très sensibles de la bouche.
Quelques mots sur le hackamore : Là aussi, l'effet est obtenu par action sur un bras de levier. Lorsque le cavalier agit sur les rênes, la muserolle et la "gourmette" se tendent appliquant de fortes pressions sur le bas du chanfrein et sur la barbe qui sont des zones très sensibles; Si le cheval veut s'y soustraire, il est obligé de ramener son chanfrein en arrière et de ralentir. A l'inverse, afin d'éviter tout phénomène d'habituation, on fera varier de 1 cm vers le haut ou vers le bas la zone d'appui de la muserolle sur le chanfrein.
C. Etude des effets de ces mors sur l'attitude du cheval
1) Mors de filet et attitude du cheval
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Par action de main douce, le mors agit sur les commissures des lèvrres. Il provoque une réaction, non par douleur mais par information sensitive tactile et proprioceptive. Aucun effet de levier n'entre en jeu. L'effet obtenu est u effet releveur de la tête et de l'encolure. C'est à dire une extension de la base de l'encolure (plus une tendance à l'extension de la nuque).
Les principales actions musculaires mises en jeu sont alors :
- les muscles cervicaux dorsaux, extenseurs du balancier cervico-céphallique à long bras de levier : splénius, semi-épineux, à bras de levier court : contrôlent la base de l'encolure, dentelé du cou, terminaison de l'erector spinae (tendance à creuser le dos)
- les muscles fléchisseurs de l'encolure (antagonistes des précédents) qui contrôlent l'amplitude du relever par contraction excentrique : scalène, long du cou, sterno-cephalique, brachio-céphalique.
Si l'action de main devient trop dure ou inadéquate, le mors agit alors sur les commissures mais aussi les dents, la langue et les barres mandibulaires. Le mors vient se placer à l'angle formé par les barres et PMII. Cette fois l'action se fait aussi sur des structures osseuses. Les tissus mous pris entre le mors et l'os mandibulaire (lèvres, joues, genvices) sont des tissus très richement vascularisés et innervés : la réaction du cheval est alors plus guidée par une sensation douloureuse. Le cheval peut alors avoir trois réactions, selon le degré de cette douleur et sa soumission :
- extension globale de l'encolure avec extension de C0/C1. Si ce mouvement est brusque et violent, il peut engendrer des contractures musculaires : la nuque est bloquée en extension. Le cheval pour se soulager aura tendance à avancer le bout du nez (va dans le sens de la lésion) et refusera ou sera rétif au ramener.
- fuir l'action de la main et tendance à l'encapuchonnement, ce qui impose de fortes contraintes sur la nuque et les articulations C1-C2, C2-C3.
- fuir l'action de la main, par des mouvements brusques de latéroflexion et de rotation de la tête. Ceci peut se traduire par des port dissymétriques de la tête, influant donc sur la position de l'encolure, et donc sur les mouvements du pont thoraco-lombaire.
- l'extension d'encolure provoque le relâchement du ligament nucal, ce qui entraîne un relâchement du ligament supra-épineux. Le cheval travail avec un dos "creux", mais la souplesse de la région lombaire et de l'articulation lombo-sacrée est accrue : cela favorise l'engagement des postérieurs.
2) Mors de bride et attitude du cheval
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Le mors de bride agit sur la langue mais aussi par son appui sur les barres. Ce dernier point d'appui osseux, implique une action sur des bras de levier articulaires.
Attention ! Cette suite de mise en jeu des bras de levier articulaires est ici décomposée alors que le mouvement est en fait harmonieux et continu.
Si l'action de main du cavalier est douce, elle ramène le chanfrein vers la verticale. Si le cheval accepte l'action de main cela signifie qu'il a cédé dans les régions suivantes :
- la première articulation sur laquelle ces mors agissent est l'articulation temporo-mandibulaire (ATM). La mandibule est le bras de levier. Les mors de brides sont donc acteurs de la cession de mâchoire. L'ouverture de la bouche est limitée par la contraction des muscles masseters, temporaux ou par la muserolle.
- cette action est ensuite transmise à la nuque. Elle agit sur le centre de rotation de l'articulation C0-C1 et provoque la flexion de nuque. Ceci est favorisé par l'action des montants de bride qui passent derrière la nuque, et aident à la cession de nuque comme nous l'avons vu précédemment.
- enfin quand l'action de main continue, ce sont les articulations de la colonne vertébrale cervicale qui cèdent une à une. Rappelons que les mouvements de flexion/extension au niveau de l'articulation atlanto-axiale sont pratiquement nuls. Les contraintes articulaires dues à l'action du mors de bride se répercutent donc directement à l'articulation C2-C3
- C3 est la clé de voûte du balancier cervico-céphalique, sa mobilité est réduite en flexion/extension. De plus l'axe des rênes passe très près de ce point, quasi parallèlement à l'axe du bras de levier canon-C3. Cette région est donc soumise à de très fortes contraintes articulaires.
- enfin, à partir de C3-C4, le sens du moment par rapport aux articulations cervicales basses s'inverse. L'action de la bride provoque une extension cervicale basse.
Globalement, le mors de bride provoque donc une flexion cervicale haute et une extension cervicale basse : il favorise le ramener.
Notons tout de même que si la cession est obtenue en force, le cheval cèdera mais ne sera pas forcément décontracté. Il peut avoir tendance à s'encapuchonner ou essayer de se soustraire à l'action du cavalier par des mouvements brusques latéraux ou en rotation de la tête. Nous avons vu plus haut que ceci peut familiariser l'apparition de contractures ou de spasmes musculaires à l'origine de restrictions de mobilités dans la nuque ("dysfonction" ou "blocage" des ostéopathes).
L'action sur le mors de bride doit donc être très ponctuelle. On doit travailler un maximum le cheval avec le mors de filet.
L'utilisation de la bride étant très délicate, elle nécessite un niveau minimum de dressage pour le cheval et d'équitation pour le cavalier.
Ceci est valable en fait pour tout autre mors que les mors simples de filet (brisé ou droit), les mors de bride ayant des actions très dures et devant être utilisés à des fins précises, ils ne peuvent être utilisés que par des cavaliers ayant un minimum de tact, de fixité.
Par exemple, pour le passage des examens fédéraux, on ne commence à monter en bride que pour le galop 6 qui est le niveau pré-compétition.
Enfin, notons que tous ces mors ont pour but d'obtenir du cheval qu'il cède dans sa bouche.
Les signes de la décontraction et de la cession sont une souplesse du contact main du cavalier / bouche du cheval, une facilité d'exécution. Le cheval salive, déglutit et mâchonne son mors.
Un cheval qui a une bouche décontractée, cède ensuite dans sa nuque, dans son encolure et finit par donner son dos, conditions sine qua none d'un bon travail.
Nous devons garder à l'esprit que, toute contraction de la bouche peut se répercuter dans le corps du cheval. Mais, vice et versa, toute contraction du cheval peut se traduire par une crispation de la bouche.
Conclusion sur les mors
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En bref, ce qu'il faut retenir :
- Lieux d'action précis :
- commissures : mors simples brisés
- barres : mors à gourmette
- nuque : mors à bras de levier ou mors releveur = gag
- os nasaux et cartilages alaire : hackamore
- Mors imprécis :
- mors à anneaux coulissants
- mors à canon droit
- mors à bras de levier sans gourmette
- Sévérité d'action :
- Mors sévères :
- mors à canon fins
- mors à bras de levier
- mors à canon droit
- Sévérité atténuée par :
- canon en résine, caoutchouc, cuir
- réglage correct de la gourmette
- existence d'un passage de langue
- présence de plusieurs brisures
- Mors sévères :
- Effet décontractant :
- cuivre
- jouets
Partie 3 : Les enrênements
Les principes de l'académie française étant l'utilisation des aides classiques et la légèreté, les enrênements ne sont pas admis dans les manèges d'écuyers. Les puristes considèrent que les enrênements remplacent la mauvaise main et n'aident que l'incompétent, voir empirent la situation.
Au cours du XXe sicècle, l'équitation passe d'une visée militaire à une visée plus sportive et de loisir, non réservée à une élite : les enrênements se montrent alors très utiles lors de travail à la longe et dans l'instruction.
I. Présentation des enrênements
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Les enrênements sont nombreux et variés, mais, ont tous le même but : améliorer l'attitude du cheval lors du travail monté ou en longe ce qui favorise une bonne locomotion, rend le travail plus efficace musculairement, et augmente la soumission du cheval de façon à faciliter son utilisation. Ceci est en fait le but de toute l'équitation, mais pour de multiples raisons (cheval rétif, niveau du cavalier) l'utilisation des enrênements peut s'avérer indispensable.
Principes :
- les chevaux ont "l'obsession du point fixe", contre lequel ils luttent. Donc un enrênement qui devrait être canalisant peut avoir l'effet inverse si le cheval ne pense qu'à lutter. Plus un enrênement a de points fixes, plus il est dur.
- les enrênements sont utilisés avec des mors de filet, un caveçon sur lequel on fixe la longe si besoin et avec un surfaix.
Mais avant tout utilisation, il paraît indispensable de bien comprendre leur mode d'action et leur réglage.
II. Description des enrênements
A. Les principaux enrênements
1) Le chambon
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Description :
Enrênement inventé par le Capitaine Chambon, il est exclusivement employé pour le travail en longe ou en liberté.
L'enrênement est composé d'une têtière avec poulies ou anneaux, par lesquelles passent des codelettes.
Une pièce de cuir est fixée à la sangle, elle continue jusqu'au poitrail et se sépare en deux parties qui se terminent chacune par une cordelette passant par les poulies de têtière. Les cordelettes se terminent par un mousqueton sur les anneaux du mors. Les cordelettes peuvent être remplacées par des pièces de caoutchouc, rendant son action plus douce.
Figure 62 : Chambon
Réglages :
Les réglages de longueurs se font par les pièces de cuir allant à la sangle. Avec un réglage correct, l'encolure du cheval doit être à hauteur de sa hanche.
On commence par échauffer le cheval non enrêné. Puis on pet en place l'enrênement, en l'ajustant de plus en plus au fil du travail. Quand les deux cordelettes sont fixées, la corde extérieure doit être plus lâche de façon à laisser le cheval s'incurver sur les cercles en longe.
Enfin, attention, le chambon n'est pas si facile à utiliser que cela. On doit toujours garder le mouvement en avant et le régler le plus justement possible. Sur les chevaux rétifs, il est particulièrement dangereux, ceux-ci se braquant et pouvant aller jusqu'à se renverser afin de lutter contre l'enrênement. Il est donc formellement déconseillé de l'utiliser monté.
Utilité et action :
Avec cet enrênement, l'action est relavitement dure pour la bouche du cheval. Quand il lève la tête, la cordelette se tend et tire sur le mors. Afin de se soustraire à cette action, le cheval doit horizontaliser sont encolure et avancer le bout du nez. Ceci correspond à la flexion basse de l'encolure et extension de la nuque.
Par cet enrênement, le cheval est ravaillé dans une attitude tête basse, bout du nez en avant et dos arrondi. Cela augmente le poids sur l'avant-main et libère l'arrière-main : cela facilite la flexion lombo-sacrée et l'action des jarrets.
Il agit donc sur la musculature de l'encolure et du dos, par flexion et abaissement de l'encolure. Il est aussi recommandé pour les chevaux qui "lâchent" la main en s'enfermant : il limite l'encapuchonnement du cheval.
Cependant le cheval n'est pas canalisé latéralement et un peu bloqué dans son attitude. On doit donc éviter de travailler au galop et à l'obstacle car le cheval ne pourrait pas se servir de son encolure. L'allure du travail au chambon est donc le tout petit trot.
2) Le gogue
C'est un perfectionnement du chambon, mais il n'y a pas de point fixe sur le mors, car l'enrênement coulisse dans ses anneaux.
C'est un enrênement plus doux que le chambon, car le cheval dispose de toute sa mobilité d'encolure à toutes les allures.
a) Le gogue indépendant
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Figure 63 : Gogue indépendant
Description :
Il se compose de trois parties :
- Une partie de cuir terminée par un passant dans laquelle passe la sangle du surfaix, elle même reliée à une lanière bouclée passant devant le poitrail et terminée par un ou deux anneaux. La lanière bouclée permet de régler la longueur du dispositif.
- Une large lanière de cuir passant par la nuque (plus ou moins rembourée) est rattachée à la têtière. Elle se termine par des anneaux ou poulies où peuvent coulisser des cordelettes.
- De chaque côté de l'encolure, une cordelete par de l'anneau de poitrail, passe par la poulie de la têtière puis par l'anneau du mors pour revenir à l'anneau de poitrail, formant ainsi un triangle d'action.
Réglages :
La taille du triangle d'action pour un gogue donné reste fixe. C'est en agissant sur la partie de cuir reliant les cordelettes à la sangle que l'on ajuste le gogue et sa dureté d'action.
Avant tout travail, le cheval doit être échauffé aux deux mains sans être enrêné. Dans le cas de jeunes chevaux ou chevaux rétifs, le gogue doit être réglé de la façon la plus douce au départ (partie réglable la plus longue possible). Le cheval peut se sentir emprisonné par le gogue et devenir violent voire dangereux.
Utilité et action :
Cet enrênement est surtout utilisé pour le travail à la longe. Monté, il est intéressant pour les cavalier néophytes ne sachant pas monter avec deux paires de rênes, il intervient sans que le cavalier n'ait besoin d'agir.
Inventé par René Gogue, "il vise à assouplir l'indolent et à canaliser le libertin". Il a également pour ission de mettre en bonne place les parties défectueuses du cheval et à fortifier sa musculature. On y parvient par le travail en élongation de la ligne du dessus, qui résulte de l'abaissement de la tête, avec flexion de l'encolure.
Dès que le cheval relève la tête, l'enrênement exerce une pression sur la bouche, vers le haut comme la main du cavalier. Cette pression disparait si le cheval se replace en flexion d'encolure.
De même, si le cheval s'appuie trop sur son mors, le gogue "corrige". Le brin "bouche-poitrail" conserve le "ramener" et limite l'extension d'encolure.
C'est pourquoi le reculer est strictement déconseillé, le cheval relevant la tête lors de ce mouvement.
b) Le gogue commandé
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Figure 64 : Gogue commandé
Description :
L'enrênement par lui-même est exactement le même que celui du gogue indépendant, c'est le réglage qui diffère.
Dans cette situation, la cordelette de chaque côté de l'encolure fait le même triangle, mais ne se termine pas en revenant à l'anneau de poitrail. La cordelette se termine rattachée à une rêne. Le cavalier peut se servir uniquement de ces rênes ou bien monter avec une deuxième paire de rênes, agissant uniquement sur le mors, cela permet d'avoir une action plus précise et plus dissociée sur le gogue ou sur le mors.
Réglages :
Lors de ce montage, le gogue est complètement contrôlé par la main du cavalier, son action est donc plus douce et plus dosée qu'avec le gogue fixe, si le cavalier est doux.
Utilité et action :
On utilise le gogue commandé lors de travail monté.
Alors que le gogue indépendant a pour rôle de contraindre le cheval à travailler malgré l'absence du cavalier, avec cet enrênement, le cavalier pourra travailler son cheval dans la position qu'il souhaite et essayer de régler les problèmes : au fur et à mesure, il abandonnera cet artifice au profit des aides naturelles.
Afin d'avoir une action moins dure, on peut l'utiliser avec deux paires de rênes.
Certains l'utilisent à l'obstacle, cela obligerait le cheval à étendre son encolure au placer et à mieux passer son dos.
c) Le gogue semi-commandé ou gogue "canter"
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Ce type de gogue est utilisé monté. Cette fois, la cordelette passe par l'anneau du mors et se termine par un anneau sur la rêne et qui est elle même reliée au mors. Cela permet d'avoir une seule rêne dans chaque main et d'avoir une action plus douce.
3) Les rênes allemandes ou "coulissantes"
Description :
La rêne allemande est une grande longe terminée à chacune de ses extrémités par des passants de sangle. Elle peut aussi être constituée de deux rênes reliées par une boucle.
Les rênes passent par les anneaux du mors et leurs points fixes diffèrent selon leur utilisation. Ce montage peut être utilisé monté ou à la longe.
a) Travail en longe ou "Lorenz"
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On utilise un surfaix avec trois niveaux d'anneaux, permettant trois montages, dont les descriptions suivent :
- Montage grand triangle
Figure 65 : rênes allemandes, montage grand triangle
Les rênes sont attachées à la sangle au niveau de l'inter-ars, coulissent dans les anneaux du mors et sont attachées à l'anneau supérieur du surfaix. Cette position permettrait un travail en position horizontale avec engagement des postérieurs.
- Montage triangle bas
Figure 66 : Rênes allemandes, montage triangle bas
Les rênes sont toujours attachées à la sangle au niveau de l'inter-ars, passent par l'anneau du mors et se terminent sur l'anneau bas du surfaix.
Ce montage favoriserait un travail ver le bas et vers l'avant.
- Montage triangle haut
Figure 67 : Rênes allemandes, montage triangle haut
Cette fois les rênes sont fixées au milieu du surfaix, passent par l'anneau du mors et se terminent sur l'anneau du haut.
Ce montage favoriserait le travail rassembler : soutien de l'avant-main et abaissement des hanches.
Figure 68 : Les montages du Lorenz
b) Le travail monté
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Figure 69 : rênes allemandes positionnées pour leur utilisation monté
Les rênes allemandes peuvent aussi être utilisées quand on monte le cheval, seules ou avec une paire de rênes de filet.
Monté, les rênes peuvent être fixées au niveau de l'inter-ars ou au niveau des botes du cavalier (montage latéral) à la sangle. Elles passent par les anneaux du mors et sont tenues par les mains du cavalier. Utilisées en montage latéral, elles canalisent latéralemen le cheval.
Le cavalier doit prêter attention à ce que l'angle tête/encolure reste ouvert, et que l'impulsion soit conservée sinon le cheval se défendra et s'acculera.
Utilisée fixée entre les antérieurs, elles favorisent le travail vers le bas. Attention, seules, les rênes allemandes ont une action qui ramène le bout du nez du cheval vers le poitrail ce qui encapuchonne le cheval et provoque une perte d'impulsion. Il est donc préférable de monter avec quatre rênes : deux de filet qui agissent sur la bouche et les rênes allemandes uniquement utilisées pour rappel de la position souhaitée.
Enfin, au travail monté, ces rênes sont à utiliser avec parcimonie car elles faussent l'action de la main sur le mors. Certains les utilisent à l'obstacle, mais une telle utilisation est délicate.
Réglages et utilisation :
Réglages :
Il n'y a pas de réglage particulier, on obtient un placer correct quand l'encolure forme un angle d'environ 30° avec l'horizontale.
Lors de leur mise en place, le cavalier devra prêter attention à la façon de passer les rênes dans l'anneau du mors afin de faciliter leur coulissement. Les rênes doivent longer l'encolure, passer latéralement à l'anneau du mors et le traverser de l'extérieur vers l'intérieur avant de rejoindre la sangle.
En travail à la longe, les rênes peuvent être plus ou moins tendues d'un côté à l'autre de façon à favoriser l'obtention d'un pli.
Utilité et action :
Le plus important est de retenir que ces rênes sont des rênes d'orientation et qu'une fois l'orientation de l'encolure souhaitée obtenue, elles doivent être détendues.
Leur rôle est d'orienter l'encolure du cheval sans pour autant lui enlever toute liberté; Ces rênes furent inventée par la cavalerie allemande, dont les chevaux à l'encolure très forte et musclée, étaient très difficile à mettre en place.
Ce sont des rênes surtout utiles pour les chevaux avec beaucoup de force dans leur encolure, et à bouche difficile.
4) L'enrênement Pessoa
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Description :
Figure 70 : Vue d'ensemble et détails d'une possibilité d'enrênement Pessoa
On utilise cet enrênement lors de travail à la longe. Un surfaix est nécessaire, avec au moins deux positions d'anneaux : une dorsale et une latérale.
Deux cordelettes partent de chaque anneau supérieur du surfaix. Elles longent l'encolure, puis passent par des poulies fixées aux anneaux du mors. Elles longent le tronc et coulissent au travers des poulies des anneaux latéraux du surfaix. Les cordes passent ensuite derrière les fesses, se croisent dans un foureau et rejoignent l'anneau supérieur du surfaix.
Des points de réglage sont disposés à différents endroits.
Réglage :
Les réglages sont simples et multiples selon l'attitude souhaitée :
- l'attitude basse : travail au trot, ligne du dessus tendue, c'est le travail de musculation
- l'atitude moyenne : le cheval travail surtout son encolure dans cette attitude.
- l'attitude haute : ce travail termine la musculation de l'encolure, c'est l'attitude du cheval de dressage. Il est alors très équilibré ce qui permet le travail au galop.
On commencera toujours pas le travail en attitude basse.
Utilité et action :
Invention du cavalier brésilien Nelson PESSOA, c'est le seul enrênement destiné à agir sur l'arrière-main du cheval, afin de favoriser l'engagement.
Quand le cheval engage les postérieurs, les cordelettes se détendent et libèrent donc la bouche du cheval.
Quand le cheval lève la tête, les cordelettes se tendent et la traction se répercute sur l'arrière-main
5) Les élastiques
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Aussi appelés Pirelli
Figure 71 : Elastiques latéraux
Description :
Des segments en caoutchouc (environ 50 cm), terminés par des anneaux de même matière se poursuivent à chacun de leur extrémité par des courroies de cuir. Un côté est fixé au mors, l'autre est fixé au surfaix.
La partie caoutchoutée permet de rendre l'ensemble souple.
Les parties de cuir comprenant une boucle permettant les réglages.
Réglages :
En faisant varier le point d'attache sur le surfaix, on peut faire varier la position souhaitée de la tête et de le l'encolure.
De même, on peut, par les parties de cuir et les boucles qu'elles possèdent, régler la taille globale des élastiques.
Il est préférable de les attacher latéralement.
A la longe, la pièce extérieure est toutjours réglée plus lâche de façon à laisser le cheval s'incurver.
Il existe le même principe avec des lanières de cuir : ce sont les rênes fixes. Cet enrênement est plus dur et utilisé par les cavaliers afin de forcer le cheval à respecter les actions de main, dans ce cas les élastiques de par leur laxité seraient moins intéressants.
Utilité et action :
Généralement utilisés à la longe, surtout en voltige, ils limitent les actions violentes d'élévation de la tête.
Pour les jeunes chevaux, cela les discipline à être posé et fixes sur leur mors.
6) Les martingales
a) La martingale à anneau
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Description :
C'est une lanière de cuir dont une extrémité possède un passage de sangle, l'autre est séparé en deux. Chacune des parties se termine par un anneau dans lequel passe une rêne avec un arrêtoir situé à 10 cm du mors du cheval (évite que la martingale ne s'accroche au mors).
Enfin, pour éviter que le cheval ne se prenne les membres dans la martingale, surtout à l'obstacle, elle passe dans une fausse bricole ou un collier.
Figure 72 : Martingale à anneaux
Figure 73 : Réglages de la martingale à anneaux
Réglages :
Il est très important que la martingale ne soit pas réglée trop courte, sinon son effet est continu et fourni un point d'appui au cheval. Celui-ci relèvera alors la tête, creusera son dos.
Pour cela le cavalier placer ses mains à hauteur habituelle et une deuxième personne règle la longueur de la martingale de façon à ce qu'elle se tende dès que le cheval a une position de tête légèrement supérieure à la normale ou bien les rênes doivent coulisser librement dans les anneaux de la martingale au trot, si le cavalier a les mains au garrot.
Utilité et action :
Pour se soustraire à l'action de main du cavalier certains chevaux relèvent la tête. Lorsque le cheval est équipé d'une martingale, s'il lève la tête, les rênes sont mises sous tension et agissent sur le mors de filet. Au-delaà d'une certaine hauteur, le cheval ne peut plus lever la tête. Ces enrênements sont très utilisés sur les chevaux qui encensent, qui se cablrent ou qui ont tendance à prendre la main du cavalier en accélérant.
C'est un des rares enrênements autorisé en CSO et en CCE.
b) La martingale fixe
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Figure 74 : Martingale fixe
Description :
Elle est aussi fixée à la sangle entre les antérieurs puis passe par un collier et se termine par un anneaux fixé à la muserolle. On peut régler sa longueur par une boucle située sur la lanière de cuir.
Réglages :
Le cheval doit pouvoir brouter.
Utilité et action :
Attention, car ce montage est très dur.
Il est beaucoup utilisé en Horse-Ball et Polo, mais aussi en équitation classique. Il évite les releveurs de tête trop violents des chevaux et les empêche d'échapper aux actions de main.
De par les limites d'extension d'encolure qu'elle pourrait imposer lors du saut, la martingale fixe est interdite en concours de saut d'obstacle.
Mais attention, en vertu de l'obsession du point fixe des chevaux, son effet peut être complètement inversé. Au lieu de céder le cheval peut se braquer sur ce point d'appui et tout faire pour tirer vers le haut, à la manière d'un cheval tirant au renard.
B. Autres enrênements moins courants
1) L'enrênement Howlett
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Description :
Les rênes partent de l'inter-ars, passent dans une bricole puis par les anneaux du mors, et sont fixées sur des anneaux ou dés de réglage de rênes de filet.
Réglages :
On peut régler le bras de levier d'action de l'enrênement en fixant les rênes sur le dé 1, 2 ou 3. Le réglage est considéré comme correct lorsqu'il est fixé à 30-40 cm de l'anneau de filet.
Utilité et action :
Cet enrênement possède les mêmes effets que les rênes allemandes mais les rênes sont fixées aux rênes de filet ce qui libère les mains du cavalier.
2) L'enrênement Colbert
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Figure 75 : Enrênement Colbert pour travail à la longe
Réglages :
Aucun réglage particulier, tout dépend de la main du cavalier.
Attention, des précautions s'imposent lors de leur utilisation, car ce montage a tendance à favoriser l'encapuchonnement des chevaux et incite peu à l'extension d'encolure.
Utilité et action :
A la longe, une légère traction sur celle-ci se répercute sur le mors et ceci sur les deux côtés de la nuque.
Monté, les rênes en têtière agissent comme un releveur, au milieu de l'encolure, elles favorisent la flexion de la nuque, et sont donc utiles pour les chevaux lourds sur la main.
3) L'équilonge
4) L'enrênement latéral
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Description :
Deux lanières sont fixées sur les côtés de la sangle au niveau des bottes du cavalier et sont reliées chacune par des anneaux en caoutchouc et une cordelette passant par une double poulie.
Passant par la même double poulie une alliance courte en corde terminée par deux mousquetons se fixe au mors.
Utilité et action :
Ce montage est conçu pour le travail latéral de l'encolure et faciliter les flexion. Tout étant relié par des poulies, il n'y a aucun point fixe et le cheval s'assouplit en douceur sans pouvoir non plus lever la tête.
Description :
Deux cordelettes sont fixées sur la sangle entre les antérieurs et passent sur la nuque où elles sont fixées par une patte à la têtière.
Les cordelettes peuvent passer dans des poulies, elles mêmes reliées au mors.
Réglages :
Il n'y a pas de réglages précis, on agit selon le placer voulu.
Il ne doit pas être réglé trop court afin de laisser le cheval se servir de son balancier et de ne pas le placer trop bas.
Utilité et action :
Peut être utilisé monté ou en longe. Cet enrênement est utilisé afin de limiter les mouvements d'élévation de tête du cheval, il agit sur la nuque et l'encolure.
5) Rênes Champavin ou Champsavin
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Description :
C'est le même montage que les martingales mais cette fois les extrémités passent par les anneaux du mors et son fixées sur les anneaux des rênes.
Utilité et action :
Ces rênes empêchent le cheval de relever exagérément la tête et trop brusques extensions d'encolure.
6) L'alliance de rêne
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C'est une lanière de cuir avec laquelle on relie deux anneaux des mors à plusieurs anneaux. Au lieu d'avoir une rêne par anneau on n'a une seule rêne, reliée à l'alliance mais agissant sur les deux anneaux.
7) Le barnum
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Figure 77 : Le barnum et son action
Description :
C'est un système de cordes qui coulissent dans des anneaux. La corde passe en têtière et en gourmette.
Réglages :
On les utilise avec des chevaux qui ont l'obsession du point fixe. Mais c'est un enrênement à la limite du barbare : on recense des cervicales brisées suite à son utilisation.
Utilité et action :
C'est un enrênement que l'on utilise pour contraindre les chevaux rétifs et qui tirent au renard.
Quand le cheval tire, les commissures des lèvres sont écrasées, quand il se porte en avant, les tractions se relâchent aussi.
Aujourd'hui désuet.
8) Le jockey ou homme de bois
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Le jockey est en fait un X en bois, sanglé verticalement sur le dos du cheval. Il permet de déplacer les rênes au dessus du garrot, comme le ferait un cavalier qui varie la position de ses mains. Il est actuelement abandonné.
9) Le harnais Alliance Back Lift
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Figure 78 : Harnais alliance Back Lift
Le concepteur de cet enrênement (joint par téléphone), préfère que l'on parle de harnais. Nous le classons tout de même dans cette partie, étant donné qu'il s'agit d'un harnais qui oriente le travail du cheval. Le but de ce sytème est d'exercer à la base de l'encolure du cheval une pression lors de l'action de main du cavalier, à laquelle le cheval ne peut se soustraire qu'en montant son garrot.
Ceci le place dans une bonne attitude de travail.
Cet enrênement existe en trois versions : une pour le travail monté, une pour le travail en longe et une pour le travail en liberté.
III. Approche mécanique du mode d'action des principaux enrênements
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Nous avons chois d'étudier le Chambon, les rênes allemandes et enfin, l'enrênement Pessoa. Premièrement car ce sont trois enrênements très utilisés par les cavaliers, deuxièmement car ces montages ont, à priori, trois effets différents.
Pour chaque enrênement, nous avons étudié leur mode d'action (partant du principe qu'ils sont idéalement réglés) et leur répercussion sur l'attitude du cheval.
En effet, la plupart des enrênements (du moins ceux qui ont fait l'objet d'études scientifiques) interfèrent sur la cinétique du pas et du trot. Ils modifient le placement du segment tête cou et l'activité des membres antérieurs et postérieurs.
A. Mode d'action du Chambon
1) Analyse des actions mécanique du chambon sur la tête et l'encolure
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Quand le cheval effectue une extension d'encolure, les cordelettes latérales coulissent dans l'anneau ou la poulie ipsilatérale de la têtière. Les brins mors/têtière et mors/anneaux se tendent. Il en résulte deux points d'action de l'enrênement : du mors sur la bouche et de la têtière sur la nuque.
Figure 79 : Points d'action du chambon et position imposée par le chambon
- Action sur la nuque :
Quand les deux parties de la corde sont tendues le brin tête/poitrail exerce une force de traction sur la têtière dont le point d'appui est la sangle
Le brin tête/mors exerce aussi une force dont le point d'appui est le mors.
La résultante de ces forces est dirigée vers le bas, appliquée sur la poulie ou l'anneau de têtière. Cette résultante indique l'effet abaisseur de l'enrênement sur la nuque.
Cette force étant bilatérale, elle se traduit par une pression de la têtière sur le nuque qui se répartit sur l'ensemble de la têtière. Il en résulte en réaction une extension de la nuque vérifiée par l'étude de BIAU S. et al. (2002). Leur étude prouve que l'angle tête/encolure au naturel est de 115° en moyenne et que sous l'effet du chambon cet angle moyen est de 125°. Cette extension de nuue est accompagnée de la flexion basse de l'encolure
- Action sur le mors :
La corde est tendu et exerce une tension sur l'anneau du mors vers le haut et parallèle à la corde. L'action du chambon sur le mors est donc comparable à une action de main sur un mors brisé simple : c'est un effet releveur de la tête et de l'encolure, extenseur de la nuque et de la partie basse de l'encolure.
Cet enrênement donne donc deux informations contradictoires lorsqu'il entre en action :
- flexion de l'encolure par son action sur la nuque
- extension de l'encolure par son action sur le mors.
Cela explique la réputation de dangerosité de cet enrênement. On doit laisser le temps au cheval de comprendre ce que l'on attend de lui.
Si le cheval ne comprend pas, il va alors chercher à combattre les deux points fixes de ce montage : sur le mors et la nuque. Le cheval prend alors appui sur son mors et augmente son extension d'encolure. Il peut alors se cabrer, voir se renverser.
Afin que cela ne se produise pas, on veillera à maintenir le cheval toujours en avant (s'il ne s'arrête pas il ne peut pas se cabrer). On ajustera très progressivement le montage. Enfin, il serait intéressant de remplacer les cordelettes par des pièces de caoutchouc, moins rigides et donc permettant une action progressive.
On notera que tant que le cheval garde la tête et l'encolure basse, l'enrênement n'a aucune action. Le cheval peut donc s'encapuchonner ou être en flexion totale d'encolure, l'enrênement n'apportera aucune correction.
Il est important d'habituer le cheval à la pression sur l'encolure et la nuque en manipulant l'enrênement à pied avant de longer le cheval.
2) Effets sur l'attitude et la locomotion du cheval
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Avec ce montage, le cheval est obligé de garder, au moin, une encolure basse, plus ou moins une extension cervicale haute. Le balancier cervico-thoracique est donc bloqué dans cette attitude. Le trot et le pas étant les allures où le cheval se sert le point de son balancier cervico-céphalique, ce sont les allures de travail au chambon. On évitera donc le galop.
Figure 80 : Effets de l'abaissement d'encolure avec extension cervicale haute
Comme la plupart des enrênements, le chambon modifie la cinétique des allures et plus particulièrement du trot et du pas.
Augmentant le poids porté par les membres thoraciques (surcharge des membres thoraciques due à l'abaissement de l'encolure), il provoque une augmentation de leur travail de propulsion. Mais surtout, la particularité du chambon, est de provoquer une augmentation de l'activité dorso-ventrale et de la propulsion des membres postérieurs au pas et au trot (l'allègement des membres pelviens facilite l'engagement).
Ceci s'explique peut-petre par l'abaissement de l'encolure qu'il impose. Le cheval voit son centre de gravité déplacé vers l'avant (l'encolure représente 10% du poids du corps). Cette surcharge des membres antérieurs augmente les efforts imposés à la musculature proximale des membres et favorise l'activité des membres postérieurs aussi bien verticale (amplitue de flexion/extension) que horizontale (amplitude de la foulée).
S'ajoutent de plus, les effets de tout travail encolure basse que nous avons déjà exposés. Le ligament nucal intervient par un soutien passif de l'encolure. Il est étiré ce qui concourre à son assouplissement. Les muscles extenseurs eux, se contractent de façon excentrique isométrique.
La flexion thoracique est à l'origine de l'étirement de la masse commune, le cheval travaille alors avec un dos dit "rond". Les muscles dorsaux étirés (contraction excentrique) sont assouplis ce qui développe la force explosive de la propulsion en extension.
La nuque est en extension, sous l'action des muscles extenseurs en contraction isométrique. Les muscles fléchisseurs de la nuque sont eux en contraction excentrique isométrique compensatrice. L'extension de la nuque limite les tensions sur le ligament supra-épineux.
Enfin, si l'on impose en plus de cela un engagement des postérieurs, les strucutures ligamentaires et musculaires du dos seront d'autant plus étirées. Par un tel exercice, il y a non seulement travail de la ligne du dessus mais aussi de la ligne du dessous (muscles abdominaus et psoas) contre la résistance thoraco-lombaire.
Ceci augmente le travail propulsif des membres pelviens et plus particulièrement des muscles fessiers et fémoraux caudaux. Leur activité dorso-ventrale est elle aussi augmentée ce qui améliore l'activité des muscles fléchisseurs et donc leur efficacité dans l'amplitude des foulées.
B. Mode d'action des rênes allemandes
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1) Analyse des actions mécaniques sur la nuque et l'encolure
On connaît différents montage de rênes allemandes. Nous étuderons ici leur mode d'action, dans des conditions idéales, c'est-à-dire, utilisées comme rênes de rappel. Les rênes de filet sont tendues et les rênes allemandes n'interviennent que secondairement, si le cheval ne répond pas à l'action du mors de filet ou si le mors de filet ne peut pas intervenir.
a) Etude générale
Nous nous attachons ici à étudier les rênes allemandes quel que soit le montage utilisé, monté ou à la longe.
- Si le cheval avance le bout du nez (extension de nuque), il butte en premier sur le mors e filet qui lui indique un effet releveur.
Si le cheval continue à s'appuyer sur son mors, se sont alors les rênes allemandes qui entrent en action. Les deux parties des rênes sont tendues et exercent chacune une force selon leur axe et vers l'arrière (F1, F2). La résultante est alors une force orientée caudalement, les rênes allemandes facilitent dans ce cas le ramener (flexion de la nuque).
- Si le cheval lève l'ensemble tête/encolure, les rênes coulissent dans les anneaux du mors de haut en bas.
Le brin mors/poitrail augmente et le brin main/mors diminue. Ils finissent par se tendre en formant un angle aigu, le cheval est alors bloqué. La résultante des forces appliquées sur le mors indique une action vers l'arrière et vers le bas. Cela indique une action sur le ramener et vers la flexion d'encolure.
- Si le cheval baisse l'encolure. S'il avance simultanément le bout du nez, il butte contre le mors de filet qui fait son office de releveur.
Sinon, le cheval s'encapuchonne et rien de ne limite. La solution est de remettre le cheval en avant, car agir sur les rênes allemandes ne ferait qu'empirer les choses.
Les rênes allemandes délimitent donc dorsalement et crânialement un cadre de travail et renforcent l'action du mors : elle facilite le travail du cavalier pour l'obtention du ramener. Idéalement le cheval se place dans une position d'équilibre ne faisant plus intervenir les rênes allemandes et permettant de continuer le travail sans les utiliser.
b) Etude des trois montags utilisés à la longe
Effet général du montage grand triangle : lorsque les rênes se tendent, deux forces théoriquement égals s'appliquent au mors (F1=F2). La résultante R est quasi horizontale, orientée caudalement et légèrement vers le bas.
Cette résultante agit successivement sur deux bras de levier : anneau du mors/C0-C1 puis anneau du mors.C2-C3. R étant quasi parrallèle à la ligne passant par l'anneau du mors et C7, il n'y a pas ou peu d'effet de levier et donc peu d'action sur la région cervicale basse. Ce montage facilite particulièrement la flexion de nuque et donc comme énoncé plus haut, le ramener.
Effet général du montage triangle haut : de même que le montage grand triangle, la résultante R très peu inclinée par rapport à l'axe du levier mors-C7. Son action est donc légèrement releveuse de la tête et de l'encolure (extension cervicale basse). Mais sa principale action est la flexion de nuque, ce montage facilite donc aussi le ramener.
Figure 82 : Action des rênes allemandes, montage triangle haut
Effet général du montage triangle bas : la résultante R est caudale et dirigée vers le bas, d'où l'effet abaisseur de l'encolure de ce montage en plus du ramener. Ce montage facilite non seulement le ramener mais aussi la flexion cervicale basse.
Figure 83 : Action des rênes allemandes, montage triangle basse
2) Effets sur l'attitude et la locomotion du cheval
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Quelque soit le montage utilisé, nous avons démontré que les rênes allemandes imposent le ramener au cheval, c'est-à-dire au minimum une flexion cervicale haute (C0-C1-C2-C3). Cette flexion obtenue plus ou moins en douceur correspond en fait à la notion de cession de nuque. Le cheval cède, il n'y a donc pas contraction des muscles fléchisseurs de la nuque mais relâchement par dimiution de la tonicité des muscles extenseurs qui sont aussi étirés.
Lors de l'utilisation du montage "grand triangle" qui correspond également au dispositif du travail monté, le seul effet des rênes et de faciliter le ramener. Le travail demandé au cheval et plutôt l'obtention d'une position horizontale et donc d'étirement du dos. L'action des rênes allemandes en montage grand triangle est comparable à celle des élastiques dont l'action sur le mors est parallèle à leur axe et vers l'arrière.
Le montage triangle haut impose en plus du ramener l'extension cervicale basse. Cela provoque l'élévation globale de l'encolure, ce qui correspond aux mêmes conséquences sur le centre de gravité, que le montage grand triangle, mais amplifiées. Par ailleurs dans cette position, le ligament nucal est détendu ainsi que toute la musculature du dos.
L'effet global de ces deux dernier montages sur l'attitude est de déplacer caudalement le centre de gravité et donc l'allègement de l'avant-main, surtout lors de travail monté. L'action des postérieurs n'est pas facilité. Un tel travail est intéressant pour le renforcement des muscles propulsifs des membres postérieurs.
Le montage triangle bas facilite la flexion totale de l'encolure. Ce montage par rapport au chambon ou aux autres montages de rênes allemandes provoque une descente d'encolure et un rapprochement du bout du nez du poitrail. Il surcharge donc l'avant-main et crée de fortes tensions sur les régions cervicales hautes.
3) Résultats expérimentaux
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L'utilisation des rênes allemandes est très controversée, elles ont mauvaise presse.
En Suède, à l'université d'UPSALA a été menée une étude par ROEPSTORFF et Coll. (2002) visant à établir l'influence exacte de l'utilisation des rênes allemandes. Les critères étudiés étaient l'activité des membres pelviens et thoraciques, ainsi que la position du centre de gravité du cheval qui en découle.
Cette étude a été menée avec des cavalier professionnels sur des chevaux de saut d'obstacles d'épreuve de bon niveau (1.20 m - 1.40 m). On devra doc rester prudent, quant à la généralisation des conclusions de cette étude.
Les expérimentateurs disposaient d'une plate-forme avec récepteurs capables de mesurer et enregistrer les forces d'impact des membres sur le sol, ainsi que les composantes horizontales de la foulée et des accéléromètres permettant d'analyser l'activité des membres. Les chevaux effectuaient différents passages au trot.
Les conclusions sont les suivantes :
- La meilleure utilisation des rênes allemandes est celle combinée à l'action de rênes normales.
Dans ce cas de figure, les expérimentateurs ont constaté une augmentation de l'activité des membres pelviens et de leurs forces propulsives. Les forces impulsives des membres antérieurs sont elles diminuées, l'avant-main étant allégée.
Globalement l'amplitude des foulées des chevaux montés en rênes allemandes et rênes normales est augmentée par rapport aux mêmes tests menés avec les chevaux montés avec rênes simples.
De plus, même si l'action des cavaliers peut par elle-même repousser caudalement le centre de gravité du cheval, il semble que cela soit plus efficace avec des rênes allemandes combinées.
Enfin, l'utilisation de rênes allemandes n'a aucun effet sur la mobilité de la tête et de l'encolure.
- L'étude menée avec les chevaux montés en rênes allemandes uniquement tend à prouver que le seul effet positif est que cela amplifie l'action de main du cavalier. Cela n'a aucun effet sur la position du centre de gravité du cheval.
Les autres résultats sont négatifs : l'impulsion du cheval est fortement diminuée, la flexion du pont thoraco-lombaire est diminuée, ceci est certainement directement lié à la propulsion et l'activité moindre des membres pelviens.
Il n'etdonc pas néfaste d'utiliser les rênes allemandes si cela est bien fait : c'est à dire, utilisées combinées à des rênes normales avec un réglage des action correctes.
C. Mode d'action de l'enrênement Pessoa
1) Actions mécaniques
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Figure 84 : Enrênement Pessoa
Lorsque le cheval est en flexion d'encolure, (plus ou moins extension cervicale haute), il y a mise sous tension des cordelettes entre le surfaix et les cordelettes croisées derrière les postérieurs. Le cheval pour y échapper doit se comprimer et travailler avec une encolure arrondie, vers le bas et des postérieurs sous lui.
Si le cheval néglige l'engagement de ses postérieurs, cela tend les cordelettes passant derrière l'arrière-main. Cela se répercute aussi au niveau du mors, par la cordelette mors/postérieur. L'action des cordelettes est alors comparable à celle des rênes allemandes en montage latéral : c'est un effet releveur.
Cet enrênement pousse donc non seulement le cheval à travailler son ramener, mais aussi à engager ses postérieurs.
Le Pessoa est assurément l'enrênement qui sollicite le plus complètement la musculature du cheval.
2) Effets sur l'attitude et la locomotion du cheval
Ici le cheval travaille non seulement en flexion d'encolure, ce qui suppose toutes es répercussions citées plus haut dans l'étude du travail au chambon, mais il est aussi forcé d'engager ses postérieurs sous lui.
Nous avons déjà dit que lors de travail encolure basse, la région lombaire est bloquée, ce qui est compensé par la grande mobilité de la jonction lombo-sacrée. L'engagement des postérieurs résulte de la flexion de la jonction lombo-sacrée, de la hanche mais aussi de la jonction lombo-thoracique. Ce travail correspond donc à la flexion totale de tout le pont thoraco-lombaire. Le travail d'engagement des membres pelviens se fait contre la résistance du ligament supra-épineux et met à contribution les muscles Iliopsoas, petit psoas, abdominaux (surtout les obliques). les muscles fessiers, fémoraux caudaux et erector spinae sont quant à eux étirés.
Ce travail est un travail de musculation intense dont on ne doit pas abuser sous peine d'apparition de courbatures et contractures musculaires.
Conclusion sur les enrênements
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Les enrênements sont donc d'une utilisation plus ou moins délicate. Ils ne doivent pas être utilisés par des personnes inexpérimentées ou l'on préfèrera des montages indépendants (sur lesquels une fois en place le cavalier n'agira pas directement). Ceci est le cas lors de l'utilisation des enrênements suivants : gogue indépendant, Lorenz, Pessoa, Howlett, élastiques, martingales, harnais Alliance Back-Lift.
Dans tous les cas, un cavalier non aguerri devra demander conseil à un professionel (moniteur, instructeur) afin d'être sûr du bon réglage de l'enrênement.
Lors de l'utilisation d'un enrênement, nous devons garder à l'esprit que ce sont des montages coercitifs et assez durs. Il est donc préférable de les utiliser avec un mors de filet simple qui ne complique pas leur action et ne la rend pas plus dure. De même, afin que l'action de ces montages soit plus douce, on pourra remplacer certaines pièces de cuir ou en corde par des pièces en caoutchouc. Enfin, afin d'habituer le cheval à leur action on pourra avant de le longer ou de le monter avec le montage choisi agir sur l'enrênement à pied et à l'arrêt.
On choisira surtout l'enrênement en fonction de l'effet souhaité :
| Actions | Flexion nucale | Limite l'extension cervicale | Extension cervicale basse | Flexion cervicale basse | Engagement des membres pelviens |
| Extension nucale | | | | Chambon | |
| Flexion nucale | RA grand triangle Colbert Gogue | Howlett | RA triangle haut | RA triangle bas | Pessoa position haute |
| Limite l'extension cervicale | Gogue indépendant Elastiques Equilonge Martingale Champavin | ||||
| Extension cervicale basse | Pessoa position haute | ||||
| Flexion cervicale basse | Gogue commandé | Alliance Back Lift | Pessoa position basse | ||
| Engagement des membres pelviens | Pessoa tous montages |
Tableau VII : Choix de l'enrênement en fonction de l'action désirée
Conclusion
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La recherche incessante de l'homme, afin de maîtriser et dresser les équidés, l'a amené à inventer une multitude de moyens d'exploitation du cheval, dont les mors et enrênements. Nous avons présenté les plus utilisés actuellement, ainsi que leurs applications.
Pour une utilisation fine des mors et enrênements, la connaissance, la compréhension des bases anatomiques et de la biomécanique du cheval, sont indispensables. Nous espérons avoir démontré que l'on ne doit pas seulement se préoccuper de l'action locale de ces montages, mais ausi des répercussions, bonnes ou mauvaise, qu'ils peuvent avoir sur l'ensemble de l'organisme. C'est pourquoi leur utilisation à bon escient est si difficile.
On compte au total plusieurs centaines de mors, tous ayant été inventés dans un but précis. Trouver le mors adapté à son cheval pourrait donc sembler compliqué. Plusieurs paramètres doivent influencer le choix de l'embouchure :
- des paramètres équestres, en tenant compte du niveau du cavalier, de dressage du cheval et son tempérament
- des paramètres anatomiues et médicaux, dictés par l'examen de la bouche et d'éventuelles lésions buccales, mais aussi de la nuque, du dos ou des membres.
Commencer par choisir le mors adapté, c'est essayer de prévenir l'apparition de lésions ou gênes fonctionnelles. Inversement, lors de pathologies récurrentes, on devra, entre-autre, vérifier que le mors utilisé est bien adapté au cheval et étudier son attitude lors du travail, si possible.
Tout comme la maréchalerie qui fait maintenant partie intégrante des soins orthopédiques, l'examen du rapport embouchure/cheval devrait peut être se généraliser lors des consultations. Les propriétaires venant à la consulations pour les motifs suivants : baisse de performanc, gêne locomotrice voire boiterie, rétivité, dorsalgie plus ou moins prononcée, devraient toujours venir avec leur selle et filet.
Les enrênements sont eux, mal considérés par les maîtres d'équitation classique. Bien souvent les hommes de l'art n'ont pas besoin de recourir à de telles aides pour obtenir ce qu'ils désirent de leur chevaux. Mais tous les cavaliers n'ont pas leur tact et savoir-faire. Tout comme celui du mors, le choix d'un enrênement est soumis au niveau du cavalier et du cheval. Les enrênements, par leur action coercitive étant le plus souvent durs, nous recommandons leur utilisation par des cavaliers confirmés. Si cela n'est pas le cas, on préfèrera des enrênements indépendants. Utilisés intelligemment, les enrênements peuvent donc être intégrés dans tout programme de travail.
Cependant on ne doit pas perdre de vue que l'enrênement ne doit pas être un moyen de suppléer au travail de dressage de base : il ne règle pas les problèmes mais aide à les régler.
Enfin, le vétérinaire, peut lui aussi être amené à conseiller un mors ou un enrênement lorsqu'il organise la convalescence et la rééducation d'un cheval. Les enrênements les plus recommandés sont ceux faisant travail le cheval en descente d'encolure, ce qui est certainement lié à la fréquence des pathologies du dos chez le cheval.
Lors de ces conseils, le vétérinaire se trouve malgré tout en porte à faux. En effet, il devra ménager la susceptibilité du cavalier (qui agit forcément au mieux...) et la nécessité de changer le mode de travail du cheval. Ses propos pourraient être d'autant plus mal acceptés que ses compétences reconnues sont médicales et non équestres : il se retrouve ici confronté à la limite des compétences admises par les propriétaires.
Lexique de quelques terme d'équitation
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Les aides
Ce sont les moyens dont dispose le cavalier pour conduire son cheval. On distingue les aides naturelles et les aides artificielles.
- Les aides naturelles :
- les jambe, qui agissent par pression des mollets, talon bas
- les mains, qu, idéalemen, doivent être placées dans le prolongement des avants-bras, au-dessus du garrot et espacées de 25 cm
Afin de ralentir sa monture, le cavalier serre les doigts sur ses
rênes, en premier lieu. Si cela nesuffit pas, il insiste en se
redressant et en levant les poignets.On p
Si le cavalier veut faire tourner sa monture, il ne tire pas sur la rêne, mais écarte ou rapproche sa main de l'encolure selon l'effet de rêne souhaité.
- Les aides artificielles :
Ce sont tous les moyens de prolongation ou d'aide aux aides naturelles. Les éperons, la cravache, les enrênements sont des aides artificielles.
L'avant-main
Cette partie du cheval comprend la tête, l'encolure, les épaules et les membres antérieurs.
L'arrière-main
Cette partie du cheval comprend les hanches, la croupe, les fesses et les membres postérieurs.
CCE
Concours Complet d'Equitation. Concours regroupant les trois types d'épreuves sur un ou plusieurs jours : dressage, saut d'obstacle et cross.
Cession
On parle de cession de mâchoire, de nuque, lorsque le cheval n'oppose plus aucune résistance musculaire dans ces zonez lors d'action du cavalier. Le cheval travaille alors dans la décontraction.
CSO
Concours de Saut d'Obstacles
L'engagement des membres postérieurs
On dit que le cheval engage ses membres postérieurs lorsqu'il les pose sous lui, proche du point de projection de son centre de gravité sur le sol. On considère que le cheval engage bien ses postérieurs lorsque les traces laissées sur le sol par les antérieurs sont recouvertes par les traces laissées par les postérieurs, on dit alors que le cheval se juge.
Si les traces des postérieurs dépassent celles des antérieurs, on dit que le cheval se méjuge.
Si elles restent en deçà, il se déjuge.
L'engagement des postérieurs garantit une qualité de locomotion. C'est le résultat de la flexion totale des hanche et des charnières lombo-sacrée et thoraco-lombaire du cheval.
L'impulsion
L'impulsion est déterminée par l'énergie locomotrice de l'arrière-main, transmise à l'avant main par le biais du pont thoraco-lombaire. Le cavalier doit sentir que le cheval avance volontairement, qu'il soit devant lui.
Le cavalier entretien ou accroît l'impulsion par pression des mollets en arrière de la sangle.
L'incurvation
Le corps du cheval, du bout du nez à la croupe est sur un arc de cercle. L'incurvation de l'encolure uniquement, est appelé pli.
Le placer du cheval
Le placer du cheval est l'orientation de la tête et de l'encolure. La tête doit être fixe, l'encolure plus ou moins soutenue mais sans raideur. Il existe une multitude de palcers différents, suivant la conformation et le degré de dressage du cheval. Dans tous les cas, la nuque doit rester le point le plus haut, mais le chanfrein n'est par forcément vertical.
Le ramener
La position du ramener correspond à une position de tête par rapport à l'encolure formant un angle fermé, l'articulation atlanto-occipitale en flexion, représentant le point le plus haut de l'encolure, la base de l'encolure relevée, le dos arrondi. Quand le cheval est ramené, le chanfrein est alors à la verticale. Si l'angle tête-encolure est trop fermé (chanfrein en arrière de la verticale), le cheval est dit encapuchonné.
Cette position de la tête et de l'encolure représente la position idéale recherchée en dressage, et, correspondant à la position parfaite pour l'action des mors. On doit obtenir ce placer en poussant le cheval sur mors et non pas en tirant sur les rênes.
Engagement + ramener + impulsion = légèreté de l'avant-main
Sur les épaules
Le cheval est en équilibre si sa masse est répartie normalement entre l'avant-main (supporte environ 60% de son poids) et l'arrière-main (supporte environ 40% de son poids). Si l'avant-main est surchargé (mauvais équilibre du cheval, exercice particulier), le cheval est alors dit sur les épaules, il est déséquilibré.
Tirer au renard
Cheval qui tire sur sa longe jusqu'à ce qu'elle cède, par peur, obsession du point fixe ou vice.